Samedi 5 mars 2011
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Nightrunner
tome 1 : Les Maîtres de l'Ombre
Lynn Flewelling
Edition : Bragelonne
Date de parution : 2011
Nombre de pages : 541
Résumé : Lorsque
le jeune Alec est emprisonné pour un crime qu'il n'a pas commis, il croit que sa vie est ruinée. Mais son compagnon de cellule lui fait vite entrevoir un avenir bien différent: devenir son
apprenti. Espion. voleur et noble à la fois. Seregil semble être bien plus qu'il n'y paraît... Voilà qu'il entraîne Alec sur des routes inconnues semées d'embûches qui les mènent tout droit vers
une guerre. Tous deux devront s'infiltrer en territoire ennemi pour déjouer les terribles complots contre la Couronne dans l'espoir de la sauver. Mais la fortune est aussi imprévisible que
Seregil...
Avis : Et encore
un partenariat, opéré cette fois-ci entre Livraddict et Bragelonne, qui aura été l'occasion de découvrir une auteure qui
m'intriguait – suite aux insistances d'une amie pour que je lise Le Royaume de Tobin – Lynn Flewelling. En premier lieu, comme d'habitude, mes
impressions sur la couverture, que j'ai trouvée un peu kitsch mais jolie quand même. Par contre, je m'interroge un peu sur le titre...
L'histoire, ensuite. Elle s'ouvre sur... des gens très très suspects qui découvrent des reliques
sous un tertre. Et juste après, le lecteur fait connaissance avec les deux héros, en fâcheuse posture : Seregil et Alec, soit un espion à la solde d'un puissant magicien, et un garçon errant dont
les parents sont morts. Tous deux se rencontrent dans la geôle des vilains qui torturent un peu tout le monde afin de trouver des renseignements particuliers. Ne faisons pas dans le dentelle
puisque l'auteure ne prend pas cette peine : nos deux protagonistes parviennent à s'enfuir, font connaissance, et le premier propose au second de devenir son apprenti, en tant que voleur.
Proposition acceptée. S'ensuivent de multiples rebondissements : un cambriolage au cours duquel survient le vol d'un objet en apparence
anodin (mais qui ne l'est pas, comme vous vous en douterez). L'un de nos amis frôlera la mort de très près, l'autre le sauvera en le ramenant de justesse dans sa ville natale auprès du magicien
Nysander, après avoir échappé, sans s'en rendre compte, à leurs vilains poursuivants.
Je vous l'avais dit, comme scénario, on a vu plus subtil. Et encore, je ne vous ai pas tout dit – mais bon, on va éviter le spoil,
même sous prétexte que n'importe qui verra arriver les rebondissements à des kilomètres. Cependant, avouons-le, j'ai été de super mauvaise fois dans la façon dont je vous ai présenté les faits.
Comme ça, on dirait que je vais encore râler contre les clichés... Bon, je vais le faire, certes, mais en précisant bien que le côté lourdingue de l'intrigue est plutôt compensé par le style de
l'auteure et l'univers qu'elle se propose de faire découvrir à ses lecteurs. Côté narration donc, une écriture tout à fait potable et une traduction qui va avec. Ça change, parce que plus ça
allait, plus je trouvais, dans mes lectures précédentes, que les traductions que je lisais proposaient souvent des textes peu intéressants sur le plan narratif. Si Lynn Flewelling ne casse pas
des briques non plus, on se laisse néanmoins aisément embarquer dans son histoire.
Les personnages sont également des éléments intéressants. Pas vraiment très fins non plus, mais le lecteur se prend vite d'affection
pour le jeune Alec, assez gauche (mais qui promet quelques surprises... quoique, on se demandera si on peut parler de « surprise » à ce stade...), et le seigneur Seregil, le raffiné
mentor de celui-ci. La nature de leur relation donne parfois des passages relativement plaisants à lire, un peu à la manière des bouquins de Eddings. Micum Cavish et sa maisonnée, ou encore les
gardes de la reine, Klia et Myrhini, contribuent eux aussi au plaisir que l'on prend à suivre cette histoire.
Côté rebondissements, à nouveau, pas grand-chose à dire, sinon que, même manquant manifestement d'une pointe d'originalité, ils
parviennent malgré tout à maintenir l'attention du lecteur. Au final, on ne s'ennuie pas du tout, et suivre nos deux casse-cou dans leurs aventures se révèle une vraie partie de plaisir.
Seul bémol donc, l'aspect totalement cliché de certains passages. Hormis les événements prévisibles, ajoutons à cela des descriptions
qui m'ont bien fait rire. Surtout celle de Rhiminie, la capitale de Skala, et notamment lors de la présentation de l'Öreska, à peu de choses près, on se retrouve en direct du pays des Bisounours.
Quant au bureau du magicien Nysander, vous prenez n'importe quelle antre bien cliché figurant un bric-à-brac d'objets magiques et de livres, du genre de ceux que vous pouvez facilement voir dans
des jeux-vidéos ou des BD de la série Troy, et vous ne devriez pas être très loin de ce qui nous est décrit.
Au final donc, un bouquin assez gros sabots mais malgré tout plaisant à lire, si l'envie vous prend de vous plonger dans une histoire
destinée à vous reposer les neurones...