Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 19:15
Les Iles Glorieuses, tome 1
Clairvoyante

Glenda Larke




Les iles glorieuses1-2 




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Editeur : Pygmalion
Collection : Fantasy
Date de parution : octobre 2009
Nombre de pages : 345
ISBN : 2756402338 

 
Résumé : Braise Sangmêlé s'était juré de ne jamais remettre les pieds à la Pointe-de-Gorth, repaire de tout ce que les îles Glorieuses comptent de désespérés, de trafiquants, d'escrocs et de criminels sans foi ni loi, prêts à tuer père et mère pour quelques piécettes. Mais les Vigiles, qui règnent en maîtres sur l'archipel, ne l'entendent pas de cette oreille. Braise est la seule à pouvoir mener à bien une mission délicate pour leur compte: ramener le plus discrètement possible la castenelle de Cirkase en fuite. À peine débarquée, Braise se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond: son enquête se heurte au mutisme des matelots et une odeur inquiétante de magie carmine semble s'attacher au moindre de ses pas. Car, en plus d'être une combattante hors pair, armée d'une épée aux proportions exceptionnelles, Braise Sangmêlé possède le don de Clairvoyance qui lui permet de voir la magie à l'œuvre. Quoique très utile, ce talent fait d'elle une cible de choix pour les sorciers de tout poil qui n'apprécient guère qu'on se mêle de leurs projets. Autrement dit, Braise s'est encore mise dans de sales draps...



Avis : Une lecture que j'ai effectuée dans le cadre d'une lecture commune à mes camarades de Vampires et Sorcières (un peu de pub en passant ;p ). Et surtout, une lecture qui, une fois de plus, ne me branchait que moyennement au départ. En fait, c'est surtout la couverture qui m'a finalement poussée à me lancer. Au final, je dois dire que j'ai passé un excellent moment, et que malgré quelques défauts, il n'y a pas grand reproche à faire à ce livre.

Le début m'a certes quelque peu rebutée, notamment à cause du vocabulaire. La narratrice et ses commentaires m'énervaient, et les termes employés, problème de traduction ou non, je ne sais pas, mais en tout cas peu de renouvellement. Notamment, sur une seule page, trois « pour autant que je sache » à la suite. Une trame de début également un peu dérangeante en ce qui concerne les relations entre les personnages, qui m'ont parfois semblé peu crédible.

Malgré tout je me suis acharnée, et je ne l'ai pas regretté. On finit par vite rentrer dans l'histoire et s'attacher aux personnages. La forme du récit est plutôt originale, puisqu'il s'agit d'un rapport d'ethnologues ayant découvert les Iles Glorieuses, qui retranscrit le récit de l'héroïne, Braise Sangmêlé. Peu à peu, on en vient à totalement rentrer dans la peau de Braise, à suivre ses péripéties, à ressentir sa détresse. Car, autant vous le dire, ça vie n'est pas rose, et ce n'est pas le genre de héros super-trop-fort à qui rien n'arrive.

Toujours concernant les personnages, on s'attache bien vite à Tor, à Flamme, Eylsa, et surtout, mon personnage préféré, ce petit piaf nommé Ruarth Coursevent. Le principe des tatouages de citoyenneté est plutôt bien pensé. L'histoire en elle-même plonge le lecteur dans un récit de longue haleine, prenant, bien mené et rédigé d'une écriture fluide, les inconvénients de vocabulaire du début disparaissant très vite. Le seul énervement de ma part a été la rencontre avec le vilain sorcier pas beau surgi du passé, anciennement déchu mais en train de retrouver son pouvoir, et surtout, qui gagnerait la palme de super sadique.

Bref. Mis à part ça, le monde des Iles Glorieuses est très bien campé, et surtout pas manichéen. En fait, on a plutôt l'impression de voir un peu notre propre société : un peuple, les Vigiles, érigé en gendarmes du monde (et je n'utilise pas ce terme au hasard :p), porteur de belles valeurs, employeurs de Braise, persuadée de bien agir, ne sont finalement pas si immaculés que ça. On découvre une machine politique grippée, faussée. Bref, malgré le super-grand-méchant, l'histoire en elle-même n'est pas manichéenne.

Une histoire qui, si on résume, m'a emportée dans des îles lointaine, m'a fait sourire, m'a fait pleurer. Et surtout, l'espace de quelques pages, on s'y croit vraiment. Pour ma part, même si je ne le considère pas comme un chef-d'oeuvre fantasy, il rempli très largement mes exigences en la matière, et autant dire que j'ai été comblée. A lire donc, si vous passez devant, histoire de passer un très bon moment.
Par Ryû - Publié dans : Fantasy - Communauté : Gardiens des Mondes Fantasy
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 19:37
L'Abomination de Dunwich

Howard P. Lovecraft




dunwich 




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Editeur : J'ai Lu
Collection : Fantastique
Date de parution : août 2003
Nombre de pages : 252
ISBN : 2290336564 

 
Résumé : Parce qu'un de leurs ancêtres s'est approprié un secret que les humains ne doivent pas connaître, ou parce qu'il a mis un jour un passage vers un ailleurs indicible, certaines familles subissent le joug d'une malédiction, de génération en génération, il en est ainsi à Dunwich, petit village isolé du Massachusetts, de la famille Whateley, dont le dernier-né, Wilbur, grandit si vite qu'il paraît adulte à dix ans. Car le mystère sur sa terrible naissance reste entier... Mais, parfois, ce sont des lieux que possède une horreur ancestrale, tels l'atroce cité sans nom ou encore le prieuré d'Exham, hanté par d'effroyables rats...


Avis : Troisième recueil de nouvelles de Lovecraft qu'il m'a été donné de lire. Si j'apprécie toujours cette atmosphère particulière, je dois cependant dire que j'ai quelque peu été déçue.

Commençons par le moins « agréable », j'ai été quelque peu embêtée sur plusieurs points. Tout d'abord, les schémas un peu répétitifs des nouvelles. Souvent la même progression, par ailleurs plutôt agréable à lire, et le style de conclusion propres aux nouvelles fantastiques, soit brutal, soit subtil au point que l'on se demande un peu où l'on est en tournant la page vers la nouvelle suivante. Bon, la structure des nouvelles n'est pas le point qui m'a le plus dérangé. Non, c'est surtout le vocabulaire et la rédaction. Est-ce dû à la traduction ? Toujours est-il que je considère – à tort ou à raison je n'en sais rien – Lovecraft un peu comme le Poe américain. Qui plus est, il me semble que Lovecraft appréciait ce dernier. Bref, toujours est-il que dans ce genre de nouvelles, je m'attends à un vocabulaire « soutenu », ou du moins varié. Ici, et ce n'est pas la première fois que je me fais la réflexion, le vocabulaire de la terreur et du morbide tourne en rond. On retrouve très souvent les mêmes termes, et même si les nouvelles restent originales pour la plupart, on se retrouve avec des impressions de déjà vu. Les nouvelles fantastiques auxquelles je suis habituées sont celles de Maupassant, donc une belle langue, et celle de Poe, qui a, tout de même, été traduit par Baudelaire
himself. Peut-être une nouvelle traduction de Lovecraft serait-elle la bienvenue ?

Nonobstant, et même si j'ai parfois anticipé la fin de certaines nouvelles, je dois dire que c'est avec grand plaisir que je me plonge dans cet univers suintant et déroutant. De toute façon, plus que le dénouement, toute la mise en scène qu'il y a autour fait le charme des nouvelles de Lovecraft. Toujours les mêmes thèmes récurrents, à savoir, ou des monstres, des entités maléfiques qui remontent à des temps très anciens et/ou viennent d'un plan que l'esprit humain ne saurait concevoir – d'ailleurs l'auteur lui-même il me semble vivait reclus dans la crainte d'une menace extérieure, oui, les auteurs de fantastiques sont tous plus ou moins névrosés ;p – ou la dépravation de l'être humain. C'est sans doute cela qui fait l' « horreur » de ces nouvelles, voir nos semblables, des gens de notre espèces, où l'auteur fait ressortir tout l'aspect animal, bestial, dangereux, violent. Les protagonistes dans ce cas ont d'ailleurs très souvent des caractéristiques simiesques. Le tout flottant dans une espèce d'atmosphère sombre, inquiétante, où l'on sent flotter alentours quelque chose de pas très net.

Mes nouvelles préférées resteront dans les autres recueil je pense, notamment
La Peur qui rôde et La Couleur tombée du ciel, ou encore Celui qui chuchotait dans les ténèbres. En parlant de ça, je me rends compte que certaines m'ont fait penser à certaines nouvelles de Poe. La dernière citée ci-dessus m'a beaucoup rappelé La Maison Usher, tout comme Je suis d'ailleurs m'a plongée quasiment dans le même état d'esprit que Le Puits et le Pendule. Pas sans plaisir, d'ailleurs.

Pour conclure donc, pas un des meilleurs recueils de cet auteur, ou en tout cas pas celui qu'il faut pour le découvrir, mais un recueil agréable néanmoins...
Par Ryû - Publié dans : Fantastique - Communauté : Le Monde de l'imaginaire
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 16:29
Le Goût de l'Immortalité

Catherine Dufour




immortalité 



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Editeur : Le Livre de Poche
Collection : Science-Fiction
Date de parution : septembre 2007
Nombre de pages : 317
ISBN : 2253119296


Résumé : Mandchourie, en l'an 2213 : la ville de Ha Rebin dresse des tours de huit kilomètres de haut dans un ciel jaune de pollution. Dans les caves grouille la multitude des damnés de la société, les suburbains. Une maladie qu'on croyait éradiquée réapparaît. Cmatic est chargé par une transnationale d'enquêter sur trois cas. Une adolescente étrange le conduira à travers l'enfer d'un monde déliquescent, vers ce qui pourrait être un rêve d'immortalité. Mais vaut-il la peine d'être immortel sur une Terre en perdition ?


Avis : Inutile d'y aller par quatre chemins : Le Goût de l'Immortalité est le genre de récit glaçant et prenant que l'on a énormément de mal à lâcher une fois entamé. Une fois de plus, c'est à El Jc que je dois de l'avoir lu et, une fois de plus, je ne regrette pas. Même si je pense qu'après ça, une lecture plus légère sera la bienvenue.

Le Goût de l'Immortalité
emmène effectivement son lecteur dans un monde inquiétant, oppressant, laissant présager d'un futur lointain, mais en même temps plutôt angoissant dans le sens où ce futur n'est qu'une accentuation de nos actes d'aujourd'hui. En lisant ce livre, il m'a été impossible d'éviter un parallèle avec Gunnm, le manga de Yukito Kishiro. On retrouve certaines donnes, surtout celle du monde scindé en deux : en haut, les « riches », les gens « aisés », en bas, la suburb, coupée de tout et où règne la loi de la jungle. Et, par ailleurs, toujours cette même donne : la société « civilisée » n'est en fait qu'un masque fissuré derrière lequel sourd une société en putréfaction.

Cette séparation m'a d'autant plus glacée que là encore, je n'ai pu m'empêcher de le rapprocher à certains faits de notre quotidien, trait que par ailleurs l'auteur montre très bien : la brusque séparation de ces deux mondes à la suite d'une épidémie, la mise au rebut de la « lie » de la société, et par là même, la rupture des liens sociaux, des contacts entre les gens, la haine et la peur de l'autre. C'est cet aspect du livre qui m'a sans doute le plus touchée, notamment dans le fait que si l'on y regarde bien, ce n'est plus tellement de la science-fiction.

Pour en revenir à l'histoire en elle-même, j'ai particulièrement apprécié la narration, faite sur le mode d'un récit dans le récit, qui prend la forme d'une lettre. L' « héroïne », même si le terme me semble quelque peu erroné, raconte son histoire par l'intermédiaire d'une... « lettre », même si je doute fort que la notion épistolaire ait toujours cours dans ce monde. Il en résulte une immersion dans l'histoire très facile, et l'on ne se sent que plus entrainé dans l'action et les événements. Un détail que j'ai particulièrement apprécié : les noms propres ne comportent aucune majuscule. Non, ceux qui ont droits aux lettres capitales sont les éléments de la nature, végétaux et animaux. L'auteure marque définitivement la rupture homme / nature et ne rend que plus réel ce monde pollué. La proximité avec la narratrice ne fait qu'accentuer l'horreur de ce qui lui arrive, le fait d'être conscient que l'on est figé dans de la chair morte, et soulève plusieurs questions, notamment sur la valeur de la vie et bien sûr, le prix d'une éventuelle immortalité.

Le tout prend des allures de thriller. Un autre élément qui m'a par ailleurs frappée : l'absence d'évocation de tout ce qui pourrait avoir trait peu ou prou à des relations politique. Rien de rien. Non, à la place, des grands groupes financiers, ou la mafia, quand les deux ne font pas qu'une seule et unique entité, qui, semble-t-il, détiennent réellement le pouvoir. Ce n'est pas implicitement expliqué, mais une fois que l'on s'en aperçoit, cela donne, ça aussi, à réfléchir...

Un récit absolument fascinant, sombre, parfois émouvant, la plupart du temps oppressant. Que je ne conseillerais certes pas à une personne qui aurait le cafard, mais si vous ne l'êtes pas, je vous encourage à vous plonger dedans. Pour ma part, c'est assez crispée que j'ai refermé ce livre, mais cela ne l'empêchera pas de figurer parmi les meilleurs bouquins de SF que j'aie pu lire... 





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Par Ryû - Publié dans : Science-Fiction - Communauté : Fantasy et science-fiction
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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 16:20
Les Mystères de Pompéi

Cristina Rodriguez




pompéi




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Editeur : Editions du Masque
Collection :
 Labyrinthes
Date de parution : juin 2008
Nombre de pages :
398
ISBN : 2290312169 

 
Résumé : En l'an 31, l'empereur Tibère, désabusé et las des intrigues de Rome, se retire à Capri. Une fin de règne délétère commence, sur laquelle plane l'ombre du terrible Séjan, préfet du prétoire, à qui l'empereur a confié le pouvoir, et dont l'ambition est sans limites ... Personne n'ose s'opposer à ses hommes de main. Personne? C'est oublier Kaeso, jeune centurion du corps des prétoriens impériaux, une tête brûlée, qui a le courage de s'insurger. Expédié à Pompéi comme chef de la police, il y découvre un climat de tourmente et plonge dans l'œil du cyclone. Devant l'urgence, Kaeso se lance à corps perdu dans une enquête serrée et tente de déjouer un complot qui pourrait bien viser l'héritier du trône, un certain Caligula. Le jeune homme a heureusement de précieux alliés : Io, son fidèle léopard ; les gardes germaniques - ses frères d'armes; Hildr, sa mère, guérisseuse le jour et magicienne la nuit ; et enfin sa propre cousine, la ravissante Concordia, très bien informée des secrets de la Cour... Le prétorien en aura bien besoin. Découvrir l'Antiquité romaine avec Cristina Rodriguez, c'est être au plus près de la vie et de la tourmente grâce à un héros qui n'a pas froid aux yeux : l'irrésistible centurion Kaeso.


Avis : Et un polar pour changer un peu (je ne voudrais pas donner l'impression que je suis une monomaniaque des genres imaginaires, non ;p). Un genre que j'aime bien mais dont je ne lis que peu de récits, les seuls que j'apprécie étant, jusqu'à maintenant ceux de Fred Vargas ou les Boileau-Narcejac. Et les Malaussène, si tant est que l'on puisse classer ces ovnis dans les policiers... J'en ai par la même occasion profité pour satisfaire mon goût concernant l'histoire romaine en mixant les deux genres. Un prétorien comme personnage principal et le cadre de l'empire romain présentent un cadre plutôt intéressant.

Pour en venir au vif du sujet,
Les Mystères de Pompéi ouvre un série d'enquêtes de Kaeso le prétorien. D'entrée de jeu, autant dire que j'ai tout de suite été séduite par le style fluide et enlevé de l'auteure. Les personnages, donc Kaeso, mais aussi les personnes l'accompagnant, tels que sa mère, Hildr, ainsi que les miliciens de Pompéi, au premier abord surtout des soldats débraillés, en réalité de braves types, font tout le charme de l'ouvrage. Sans compter la compagne du héros, Io, le léopard, qui rajoute une touche de sel au tout.

Le contexte historique est plutôt bien retracé. Pas d'éléments qui m'aient fait sauter au plafond. La trame principale est bien respectée, en l'occurrence ici la retraite de Tibère sur l'île de Capri et les intrigues de Séjan, préfet du prétoire. Le tout est mis en scène de manière naturelle, et permet une immersion facile même à un lectorat peu informé sur le sujet. Pour ma part, je l'ai trouvé génial pour s'approprier une généalogie des Julio-Claudienne plutôt emmêlée. La période est également suffisamment bien choisie pour préparer éventuellement le terrain à d'autres enquêtes qui pourraient donner lieu à des récits intéressants. Déjà, la personnalité inquiétante de Caligula est vaguement révélée. On retrouve également Claude en tonton sympa (pour ma part j'ai beaucoup aimé la – courte – mise en scène de ce personnage), et l'évocation de l'intégration des peuples dits « barbares » à l'empire.

Les seuls reproches que je ferai au récit se résument en deux choses. Des cafouillages dans le style qui, bien que fluide et très agréable, révèle quelques lacunes en ce qui concerne le renouvèlement du vocabulaire et / ou tournures de phrases qui donnent parfois l'impression que l'on tourne en rond. Il en résulte des impressions de « déjà lu », rares et peu gênantes cependant. Le deuxième problème reste que tout l'intérêt de l'histoire se situe dans l'intrigue, puisque les « vilains » possèdent vraiment le profil-type. Sans pour autant connaître le fil de l'histoire, je les ai démasqué dès le début, ce qui n'avait certes aucun intérêt puisqu'il s'agissait plus d'un « lui il a une tête de méchant » sans pour autant rompre le fil de l'enquête et la résolution des pourquoi et des comment. Enquête qui par ailleurs est très bien exposée, en somme, c'est ce qui compte, que l'on ait un fil directeur prenant, bien mené, et surtout qui tienne la route, ce qui est le cas ici.

Pour conclure donc, un très bon petit polar où le charme réside dans les personnages, une histoire très prenante et plutôt mouvementée, et un style des plus agréables. Le tout se lit d'une traite, pour ma part je ne l'ai lâché qu'une fois rendue au bout (et à la trappe le planning révision par contre ^-^''). Divertissant, drôle et frais, parfait pour une lecture sans prise de tête :)
Par Ryû - Publié dans : Récit historique
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 17:19
Le Troqueur d'âmes

Roger Zelazny
Alfred Bester




troqueur




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Editeur : J'ai Lu
Collection :
Science-Fiction
Date de parution : octobre 2002
Nombre de pages : 220
ISBN : 2290312169 

 
Résumé : Alf est un journaliste chargé d'effectuer un reportage sur un homme étrange, Adam Maser, à la tête d'une non moins étrange échoppe, le lieu noir du troqueur d'âmes. Un mont-de-piété sis à Rome mais qui a la particularité d'exister à toutes les époques en même temps et qui offre à chacun la possibilité d'échanger - définitivement -chaque aspect de soi non désiré, intellectuel ou comportemental, si farfelus et déroutants puissent paraître cessions et acquis. Une boutique, enfin, qui accueille les clients les plus divers, de Poe à Beethoven en passant par Cagliostro... Tout cela irait pour le mieux si un être maléfique ne souhaitait profiter des ressources du lieu pour assouvir ses funestes desseins...



Avis : Le Troqueur d'âmes offre au lecteur un récit riche, drôle, farfelu et bien construit. La première chose que j'ai à souligner est que, décidément, Zelazny arrive à de bien meilleures choses lorsqu'il emploie la première personne du singulier. Pas que Le Maîtres des Ombres ait été nul à ce point, mais il manque alors une dimension, une intimité avec les personnages si particuliers de l'auteur que ne pas rentrer dans leurs pensées est frustrant.

Avec l'association d'Alfred Bester, Roger Zelazny donne naissance à une histoire comme je les adore. Une histoire qui part dans tout les sens. Pas dans la même idée que les
Annales du Disque-Monde, mais en mieux (ça, c'est fait, pour les lynchages, prenez rendez-vous :p). Bref, petite pique mise à part, une fois entrée dans
Le Troqueur d'âmes, impossible de le lâcher. Le dialogue a une très grande place, et est pour partie de ce charme loufoque. Le magasin, dit « le Trou Noir », possède lui aussi ses côtés psychédéliques et complètement barrés, tout autant que les client qui y viennent. Pour n'en citer que quelques uns : un type hanté par un poteau de rampe d'escalier amoureux de sa femme, un type appelé Etaoin Shrdlu, des amateurs de shows lilliputiens, un Beethoven perdu entre une cinquième symphonie et une Symphonie in blue et un Cagliostro plongé dans le projet d'un Frankenstein psychique. Le tout donne en plus une impression d'instabilité : le magasin est partout à la fois et en tout temps, et les personnages eux-mêmes possèdent plusieurs prénoms.

Les thèmes que l'ont retrouve de manière récurrente chez Zelazny sont présents, et notamment cet incroyable brio avec lequel il joue sur les notions de temps et d'espace. Cet aspect m'avait déjà pas mal emballée dans
Royaumes d'Ombre et de Lumière, et c'est avec grand plaisir que je l'ai retrouvé ici. Egalement encore cette obnubilation (?) concernant la déification, ou en tout cas un être possédant tous les pouvoirs imaginables. On compte aussi de nombreux clins d'oeil comme je les aime. Il faut d'ailleurs croire (et cela se comprend !) l'attachement de l'auteur à l'oeuvre de Lewis Caroll, puisque, comme dans un passage des Princes d'Ambre, le lecteur se retrouve en compagnie du chapelier et du Lièvre de Mars. Avec une allusion poilante au chat du Cheshire. On note aussi un clin d'oeil bien placé à la madeleine de Proust, et bien d'autres, que j'oublie ou que je n'ai pas vu.

L'ambiance est bien sombre et les pirouettes farfelues de la plume des auteurs éclatent comme des taches de couleur, créant des monstres peut-être inquiétants, mais qui néanmoins, dans leur absurdité, apportent au mixage du tout une espèce de féérie, de touche personnelle à cet univers si particulier et déjanté, qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler les fameux Cours du Chaos.

Bref, un récit court mais magistralement mené. Une ou deux longueurs mais sans plus, et qui laissent entrevoir une imagination débordante. Avis à celles et ceux qui souhaitent se payer un bon trip, vous êtes au bon endroit ^-^
Par Ryû - Publié dans : Science-Fiction - Communauté : Fantasy et science-fiction
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