Le cycle d'Elric, Michael Moorcock

Publié le par Ryû

Le Cycle d'Elric, tome 1 :
 Elric des Dragons

 Michael Moorcock





 
 


 
Résumé : Melniboné, l'île aux Dragons, régnait jadis sur le monde. Désormais les Dragons dorment et Melniboné dépérit. Sur le trône de Rubis siège Elric, le prince albinos, dernier de sa race, nourri de drogues et d'élixirs qui le maintiennent tout juste en vie. La menace plane ; alors il rend visite au Seigneur du Chaos, Arioch, et conclut un pacte avec lui. Il s'engage ainsi sur le chemin de l'éternelle aventure : le Navire des Terres et des Mers le porte à la cité pestilentielle de Dhozkam, et son destin le pousse à franchir la Porte des Ténèbres ; au-delà, deux épées noires attendent leur maître et leur victime... Michael Moorcock a donné vie au personnage le plus emblématique de la fantasy post-Tolkien : Elric, incarnation du Champion éternel, idéaliste et libertaire, plongé dans la guerre sans merci entre l'Ordre et le Chaos.


 
Avis : L'histoire d'Elric se révèle relativement étrange, et en même temps très plaisante de lecture. En effet, le commencement est relativement déroutant, puisque commençant de manière confuse, au présent, avec une présentation du héros très diffuse, au cours de laquelle on apprend qu'Elric est albinos, et Empereur d'un peuple dont il ne respecte pas les traditions en épousant des valeurs contraires à leur « nature ».
 
Ce roman assez atypique a éveillé chez moi plusieurs échos. Tout d'abord, on peut relever tous les éléments du conte, ou de la saga fantasy. Un héros d'aspect différent, un rival, un amour, des esprits élémentaires, des dragons, jusqu'à la princesse endormie. On note aussi cependant le contre-pied de ces éléments « féériques ». Bien que différent et puissant, Elric est faible et malade. Les valeurs qu'il fait siennes sont à l'opposé de ce à quoi l'on s'attend. En effet, notre albinos se révèle un empereur peut regardant sur les actes de trahison – tout du moins au départ - , se refuse à jouer le jeu de la rivalité avec son cousin Yyrcoon. « Les faibles n'aiment pas la faiblesse, les forts n'aiment pas la force ». Le paradoxe réside cependant en ce qu'il soit totalement indifférent aux tortures infligées à ses prisonniers. En somme, quelque réflexion sur la morale.
 
Le style de cette histoire est également relativement particulier. Tout commence comme un conte pour enfant. Les événements se succèdent et s'enchaînent presque trop vite, au point que le lecteur en est pris au dépourvu. Et c'est pourtant dans une aventure étrange et emprunte de réflexion que réussit à nous embarquer Moorcock. Quelque chose dans la particularité de l'univers m'a même presque rappelé le superbe cycle des Princes d'Ambre de Roger Zelazny, notamment le cycle de Merlin lors de son voyage à travers les Ombres, si étranges, aux confins du rêve et... du rêve... Réminiscence également en ce que j'ai vu – à tort ou à raison – écho à la très bizarre trilogie de Gormenghast de Mervyn Peake... jusqu'au serviteur appelé Sacdos...

Et enfin... Cette île de Melniboné, inaccessible, environnée de brume et pays peuple jadis puissant mais qui dépérit. Ouais, je passe peut-être trop de temps sur les jeux vidéos. Mais il n'empêche que j'y vois là le Lémuria de Golden Sun, et par extenseion, notre célèbre Atlantide...
Bref, somme toute une oeuvre qui paraît presque trop simple et décevante au premier abord, mais qui finalement réussit à emmener son lecteur dans un monde onirique et envoûtant, où le héros n'est pas ce grand guerrier sûr de lui et prêt à conquérir des royaumes, mais un être malade et fort à la fois, qui se pose des questions et doute de lui-même lorsqu'il accomplit quelque chose. Je ne m'attendais pas à en arriver à un avis si positif de cet ouvrage, et pourtant si, je le recommande chaleureusement.

Publié dans Fantasy

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