Majestrum, de Matthew Hughes

Publié le par Ryû

Le Cycle de l'Archonat :
Majestrum

Matthew Hughes










Résumé : Un coureur de dot atypique, une chansonnette obsédante, un grimoire indé chiffrable… rien que de très banal pour Henghis Hapthorn, le plus illustre discriminateur de Vieille Terre. Si ce n’était que son intégrateur s’est transformé en petit animal amateur de fruits exotiques, son intuition a décidé de devenir autonome, la Grande Roue s’apprête à passer de l’âge de la raison à celui de la magie… et l’archonte en personne l’envoie en mission parmi les Dix Mille Mondes. Sans compter Majestrum… mais il serait prématuré d’en dire plus pour l’instant ! 



Avis : A première vue, Majestrum est un ouvrage qui paraît intéressant. Une couverture plutôt attirante, avec ses tons bleu-gris et la petite bestiole qui figure sur l'épaule du héros, ainsi qu'une quatrième de couverture relativement alléchante et qui promet une aventure pour le moins loufoque. Et c'est effectivement ce qui transparaît lors de la lecture.

Le lecteur est en effet plongé dans un récit relevant au premier abord du domaine de la science-fiction, en témoignent ces nombreux termes futuristes que sont les « intégrateurs », les « discriminations » et autres inventions technologiques aux noms relativement flous et alambiqués. Après une plongée dans ce monde éloigné de notre époque, la fantasy fait aussi son apparition. C'est en effet la « Grande Roue » qui a décidé de passer de l'âge de la raison à celui de la magie. Sur ce point-là, il faut avouer que le mélange est savoureux et plutôt réussi. Le basculement se fait progressivement et parvient progressivement à captiver son lecteur.

Le personnage principal est plutôt attachant, ainsi que la bestiole qui l'accompagne. L'intrigue est plutôt bien menée et l'écriture plaisante à lire. Les innovations de Hughes sont suffisamment... loufoques ? personnelles ? Pour rapidement faire sentir au lecteur qu'il ne lit pas du réchauffé.

Les débuts de l'aventure sont cependant un peu laborieux. Enfin, laborieux, pas vraiment. Disons plutôt que l'auteur parvient mal à retenir l'attention de son lecteur et éparpille un peu son attention. Tout commence avec une demande d'enquête de la part d'un aristocrate à notre héros, Henghis Haptorn, afin qu'il enquête sur un jeune homme ayant séduit sa fille, et qu'il soupçonne de n'être qu'un vulgaire « coureur de dot ». L'histoire rapidement résolue, Haptorn part sur une autre affaire, à la demande cette fois du plus haut personnages des Dix Mille mondes : l'archonte Filidor. Avant que l'on apprenne finalement que tout est lié, et que les aventures de Haptorn prennent un tournant plus dangereux, le récit est un peu éparpillé, et l'on a du mal à s'immerger totalement dans l'histoire, un peu noyé sous cette déferlante de noms de planètes et de villes bizarroïdes, de manifestations musicales ou animaux aux noms qui ne disent quelque chose qu'au protagoniste, et encore. Le lecteur, lui, est un peu perdu.

Puis, lorsque nos liens sont faits entre les affaires et que l'histoire semble progressivement glisser vers une touche plus fantasy, l'intérêt renaît. Est-ce dû à mon goût plus prononcé pour ce genre ? 

Toujours est-il que l'histoire est plaisante à lire bien qu'inégale, que les conversations conflictuelles entre Haptorn et sa conscience, devenue une entité indépendante, ou son intégrateur, un appareil transformé en animal, demeurent un fil de l'histoire drôle et contribuent à maintenir l'intérêt du lecteur.

Pour conclure, même s'il n'est pas le livre du siècle, Majestrum reste cependant un bon livre, divertissant et, même s'il n'est pas à lire absolument, se classerait tout de même parmi les livres à lire.

 

Publié dans Inclassable

Commenter cet article