Le Trône de Fer
A game of thrones : Song of Ice and Fire
George R. R. Martin
Le Trône de Fer, que j'ai découvert il y a peu, a le mérite de ne pas se cantonner aux règles basiques de la fantasy, qui veut une quête et un super-héros. Point non plus d'écriture fade et de traduction au français douteux. Martin distille dans cette série un réalisme étonnant et possède une palette de vocabulaire impressionnante. Oh, on trouve bien quelques longueurs, mais jamais je n'ai eu ce sentiment que la narration tournait en rond pour cause de termes restreints et répétitifs.
On note également une foultitude de personnages. Les personnages de seconde zone ne sont pas oubliés, ont tous un nom, des terres, un blason, leurs particularité. Les personnages principaux, nombreux, sont très bien fouillés. Et surtout, pas de personnage aux super pouvoirs, indestructible et manifestant une propension étonnante à se sortir des situations les plus tortueuses. Et surtout, la force de Martin réside en ce que, lorsque l'on est convaincu que l'un des personnages est un salaud, il faut également envisager qu'il nous le montrera sous un jour sympathique au chapitre suivant. Pas de super vilain avec deux neurones, pas de super gentil blanc comme neige, et Martin n'hésite pas une seconde à faire crever un personnage principal en quelques lignes.
Ces deux premiers tomes, qui forment le « vrai » premier tome, représentent une sorte de mise en place du théâtre qui va se jouer dans le royaume des Sept Couronnes. Toutes les ficelles de pouvoir, de relation, de religion ou autres sont là, et là encore, coup du maître, tout cela est distillé de manière subtile. A la fin du tome 1 et du Donjon Rouge, on se retrouve avec toutes les cartes en mains, sans avoir été pour autant inondé de topos ultra-complets de dix pages sur tel ou tel dieux. Bien, sûr, on sera peut-être un peu perdu au début, avec tous ces noms, mais pas pour longtemps. Et l'on en vient très vite à avoir ses chouchous.
Bref, une série violente et crue à certains moments, mais cependant d'un réalisme
extraordinaire, et qui manifeste la capacité de faire vivre au lecteur une véritable épopée. Quand vous commencez un tome, vous ne le lâchez plus. Le seul reproche est à mettre sur le dos des
éditeurs, ou même devrais-je plutôt dire, de ces affreux bouffe-fric, qui se sont appliqué à nous charcuter les tomes d'origine. Aussi, le tome un américain en fait-il deux en France, le tome
deux en compte trois, etc... J'ajouterai donc un fervent remerciement aux éditions Pygmalion qui, si je ne me trompe, ont pris l'initiative de republier les tomes sous leur forme
d'origine.



Cristal qui songe
Théodore Sturgeon



