Cygne Noir, tome 1 : Fille de l'Orage - Richelle Mead

Publié le par Ryû

Cygne Noir


tome 1 : Fille de l'Orage

 

 

Richelle Mead

 

 

 

 

Cygne

 

 

 

 

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Edition : Milady

Date de parution : juin 2010

Nombre de pages : 508

 

 

 

Résumé : Ça, c'est tout moi ! Aucune vie sexuelle pendant des mois, et d'un coup, tous les obsédés de l'Outremonde se mettent à me courir après... Eugenie Markham est chaman. Dotée de grands pouvoirs, elle exerce un fructueux business en bannissant de notre monde les Faës et autres esprits qui s'y aventurent. Engagée pour retrouver une ado enlevée dans l'Outremonde, Eugenie découvre une prophétie qui met au jour des secrets bien gardés de son passé et lui réserve de très désagréables perspectives d'avenir ! Eugenie a beau manier la baguette avec autant d'assurance que le flingue, il lui faut des alliés pour une telle mission. Elle aura Dorian, un roi Faë séducteur avec un faible pour le bondage, et Kiyo, un magnifique changeforme.

 

 

 

Avis : Ma lecture de Cygne Noir s'effectue à nouveau dans le cadre d'une lecture commune avec Vampires et sorcières. Comme souvent, lors de lectures votées, j'essaie de mettre mes a priori de côté. Et ici, j'ai vraiment dû me faire violence, ne serait-ce qu'en ce qui concerne la couverture. Je ne sais pas vous, mes les ouvrages qui affichent des nénettes au visage lisse et formaté, pour moi ça passe d'office à la trappe. Enfin, j'ai passé outre et même pas lu le résumé, de crainte de me faire peur. Je précise avant tout que je n'ai rien de masochiste, je souhaitais juste participer à cette lecture commune et tenter un de ces ouvrages bit-lit (quoique je ne suis même pas sûre que ça en soit...), en tout cas un ouvrage vers lequel je ne me serais au grand jamais tournée s'il n'en avait tenu qu'à moi. Bref, tenter une expérience que je n'avais pas encore faite. Et moi qui râle souvent sur la bit-lit, si ce récit fait bien partie du genre, je me suis dit qu'il serait bien que j'en lise réellement, histoire de connaître cette branche de fantasy dont le lectorat s'est pas mal développé depuis le phénomène Twilight.

 

Bon, d'emblée, le début ne casse pas la baraque. Notre héroïne, chamane de son état, nous narre en premier lieu le bannissement d'une créature qui hante une godasse. La scène se veut drôle, l'héroïne est présentée comme forte et douée de sarcasme. Mais c'est précisément ce genre de sarcasme frelaté, vu et revu made in America que je déteste. En plus de ça notre héroïne, Eugénie Markham – dite Odile Cygne Noir – voue une haine solide aux créatures de l'Outremonde, haine souvent matérialisée avec forces injures et noms d'oiseaux. Bref, pas très fin. Son boulot terminé, notre super héroïne rentre chez elle et nous donne un aperçu de ses états d'âme, de sa force d'esprit indomptable, et de ses pyjama en soie avec vue plongeante sur ses seins (sic). Bref, vous voyez le genre, en ce qui me concerne, j'avoue m'être demandé dans quoi je m'étais embarquée pour avoir sous le nez un truc si superficiel et américain – et sans rire, les description en détail des fringues et tatouages d'Eugénie me paraissaient tout droit sortir d'un texte écrit par une ado en pleine puberté.

 

Pour continuer dans la veine des – gros – défauts, ajoutons des passages brouillons et confus. Richelle Mead tente de servir au lecteur de l'action, mais s'emmêle parfois sérieusement les pinceaux, si bien que le tout retombe comme un soufflé – un soufflé raté. Et en parlant d'action, cerise sur le gâteau, l'auteure fait preuve de bien plus de clarté et de détails que pour tout le reste en ce qui concerne... les scènes de cul ; servies par un vocabulaire qui se veut libéré à grand coup de « baise », qui m'a plus souvent paru grossier et vulgaire qu'autre chose (même si je dois quand même préciser que lesdites scènes ne tombent pas non plus dans le pornographique). Bref, rien pour me séduire, tout pour me faire fuir. Les descriptions des personnages, masculins ou féminins, m'ont fait penser aux Feux de l'Amour. Oui, genre le type musclé, bronzé, avec des cheveux noirs mi-longs et un regard de braise, et notre héroïne, avec ses longs cheveux et ses yeux violets, et ses courbes à faire tomber toute les créatures de l'Outremonde – oui, parce qu'une prophétie dit que son premier fils reconquerra le monde des humains, du coup tous les affreux méchants se mettent en tête de la violer. De manière générale, les événements se passent trop vite, et lorsque le lecteur fait connaissance avec l'Outremonde, bonjour les clichés, on se croirait dans Barbie, Lac des Cygnes. Les terres des souverains ont chacun une saison différente, les descriptions sont outrageusement édulcorées, et les habitants de là-bas ont de longs cheveux, s'habillent comme des princes et princesses et vivent dans des châteaux aux architectures impossibles.

 

Toutes les vingt pages, on a clairement l'impression que l'auteure se sent obligée de nous balancer une attaque de démon. Chaque fois un différent, histoire de donner prétexte à une note de bas de page. Sauf que ces notes apparaissent vite comme très superficielles et prétexte à faire étalage d'une pseudo-érudition façon « catalogue des créatures imaginaires ». Mais attention, les Outremondiens ne sont pas tous méchants, juste ceux qui passent sur Terre. Les autres sont « normaux », avec leurs délinquants et leurs citoyens. Donc des gentils rois et reines qui aident notre héroïne, et des vilains qui veulent se la faire.

 

Bon, après avoir jeté un oeil au-dessus, je m'aperçois que jusqu'ici, ma chro tient plus du cassage que de la critique, et il ne serait pas très honnête de ma part de laisser croire à mes lecteurs réguliers que j'ai trouvé ça pire que certains ouvrages que j'ai pu lire. Malgré des éléments qui m'ont plutôt atterrée, je dois dire que Cygne Noir possède malgré tout quelques qualités.

 

Certes, les héros ont des physiques de sit-com américaines frelatées, mais on n'en finit pas moins par s'y attacher un peu. Si Richelle Mead semble avoir des difficultés à sortir de ses clichés fabriqués d'atelier d'écriture, elle n'en parvient pas moins à créer pour ses protagonistes des tempérament différents et plutôt développés – même si là encore, elle ne brille pas forcément par son originalité. Tout ça pour dire que j'ai bien aimé Dorian, le roi outremondien lunatique qui prend tout à la rigolade – sans doute m'a-t-il un peu rappelé Ayame, mon personnage favori de Fruits Basket (mais en moins bien, mon Aya c'est le meilleur :D). Certains passages, bien qu'un peu trop « surjoués », s'avèrent plutôt drôles. Les batailles finales sont plus réussies que les premières de l'ouvrage, et les relations amoureuses d'Eugénie avec Kiyo ou Dorian, si l'on excepte les scènes de cul, ne tombent pas dans le nunuche à la Twilight.

 

Malgré tout, l'ensemble reste mitigé. Les révélations ne sont pas spécialement originales. Et pour que le lecteur ne devine pas trop vite, le seul moyen qu'a trouvé l'auteure, c'est de ne donner des indices que quelques pages avant les « super » révélations (ce qui n'empêche pas de voir les rebondissements arriver avec autant de discrétion qu'un troupeau de mammouths au galop). La fin reste sympa, mais trop d'éléments peu réussis viennent obscurcir le tableau.

 

En somme, ce premier tome de Cygne Noir m'a surtout donné l'impression de servir du conte de fée « pour adulte » - même si les ingrédients et la narration m'ont plus d'une fois semblé très puérils. Que voulez-vous faire d'une histoire où une chamane au caractère farouche et aux pouvoirs super-puissants devient reine des fées ? Bref, certains côtés sont sympa, mais le tout reste un peu trop niaisou. Même si je n'ai pas détesté la lecture et que je pense lire la suite, reste une impression que cette partie de la fantasy n'est pas vraiment ce que j'apprécie le plus dans le genre. Pas entièrement mauvais donc, mais pas à mettre dans les mains de n'importe qui.

Publié dans Fantasy

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Lexounet 17/08/2010 20:28



Je l'ai dans ma PAL et je vois souvent des avis nuancés comme le tien. l'histoire me plaisait alors on verra...



Ryû 18/08/2010 12:36



Yop, bon ben je guette ton avis ;) En tout cas, ce n'est pas entièrement mauvais et ça reste appréciable, je ne pense pas que ce livre soit totalement détestable,
quelques éléments demeurent sympathiques ^-^



arutha 17/08/2010 13:36



Et c'est comme ça qu'un jour, j'ai lu Marc Lévy


Je sais qu'un jour il va falloir que je m'y mette pour mesurer à quel point ce n'est pas bon. Une fois pour toutes. Mais quand je pense que l'argent que je dépenserais pourrait être autrement
mieux utilisé ...



Ryû 17/08/2010 13:56



Ah nan, là je te conseille de faire comme moi : emprunter. Faut au moins lui attribuer le mérite de savoir faire rire. Ecrire des trucs genre Green Street
était une jolie rue bordée d'arbres et de maisons, faut oser quand même.


Si tu as envie de rire un peu  :





Testez vos connaissances sur Marc
Lévy



arutha 17/08/2010 10:58



Tu as parfaitement bien résumé l'un de mes principes : il faut essayer pour se donner le droit de critiquer. Même si parfois on est certain à l'avance du résultat et qu'on a l'impression de
perdre son temps. C'est malheureusement le prix à payer.


En ce qui me concerne, je doute d'être en mesure de critiquer un jour objectivement Richelle Mead parce que je n'ai pas l'intention d'en lire.



Ryû 17/08/2010 11:26



Et c'est comme ça qu'un jour, j'ai lu Marc Lévy