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Féerie pour les ténèbres, livre un
Jérôme Noirez
Edition : Nestiveqnen
Collection : Fractale Fantasy
Date de parution : janvier 2005
Nombre de pages : 302
Résumé : La ville étend ses membres tentaculaires et rejette à la surface ce qui a fait jadis ses heures de gloire.Les hommes la cultivent, récupérant les nombreux rebus qu'elle ne manque pas de leur offrir. On dit même que dans ses entrailles profondes vivent d'autres créatures qui ne sont plus tout à fait humaines. Et puis il y a ces lutins qui apparaissent au crépuscule, comme surgis de nulle part…Mais qu'importe ? L'essentiel n'est-il pas que la ville continue à fournir ses rebuts ? C'est dans ce monde sombre et déliquescent, qu'Obicion exerce son travail d'enquêteur royal. Vieillissant et désabusé, il enquête sur l'étrange meurtre d'une jeune femme. Étrange car il s'aperçoit bien vite que ses os sont en plastique...
Avis : Féerie pour les ténèbres est un livre qui n'était à la base pas prévu au programme. Non, au départ, sitôt fini l'excellent Dehors les chiens, les infidèles de Maïa Mazaurette, j'étais censée enchaîner directement sur les trésors que j'ai ramenés des Utopiales. Et le suivant sur la liste était Leçons du monde fluctuant, de Jérôme Noirez, acheté sur les conseils d'un copain de forum de longue date, Bartimeus, et dûment dédicacé (en plus vous verriez ce qu'il m'a écrit... j'en glousse à chaque fois que je la lis... XD).
Brefle, en fin de compte, je me suis retrouvée prise au dépourvu : arrivée à mon logement étudiant, que vois-je, horreur suprême : me restent seulement dix pages de Mazaurette et j'ai oublié d'embarquer le livre suivant. Ni une ni deux, profitant d'un cours de catalogage – c'est plus propre que de se tirer une balle – me voilà à fouiner sur le site de mon bouquiniste, et deux heures plus tard, me voilà en possession de Féerie pour les ténèbres. Ça reste dans le ton, je tenais absolument à découvrir l'auteur, dont j'ai apprécié la rencontre aux Utop' d'une part, et d'autres part, je dois avouer qu'à chaque fois que je vois ses titres et les propos, je bave.
Pour en venir au livre, ce fut une surprise, mais une surprise un peu anticipée. Suite à un petit mot sur Leçons du monde fluctuant où il était question de petites filles et de Charles L. Dodgson, mon esprit déjà titillé par les susdits titres, je subodorais un peu une histoire pas comme les autres. Et même si je ne m'attendais pas à ça, avouons-le, j'ai vraiment pris mon pied.
Mais commençons par le commencement. L'histoire, pour ceux qui ont la flemme de lire le résumé, prend place dans un univers sombre, où cohabitent "magie" et "technologie". Cette technologie, baptisée « Technole », est en réalité un monceau de déchets électroniques, mécaniques, plastiques... qui semble jaillir du sol et étouffe peu à peu le monde. Et les premiers contacts avec ce monde s'effectuent à Caquehan, en compagnie d'Obicion, officieur de justice, et du cadavre d'une jeune fille dont on découvre que les os sont en plastique. Oui, en plastique, et autant vous dire tout de suite que ce n'est qu'une des trouvailles les plus lightde l'auteur.
Lentement égrenée par une plume incisive et totalement indigne, l'histoire nous propose de nouveaux personnages : Grenotte et Gourgou, deux orphelins qui aiment façonner des étrons en argile, Malgasta de Sponlieux, un genre de « Cixi-bulldozer », Estrec de Gourios, vertigeur, Jobelot, qui aime chanter et sucer des langues, Quinette la chienne, Mesvolu le fraselé (un de mes préférés) et j'en passe. A cela, on rajoute les titres des chapitres et les différentes péripéties loufdingues de l'histoire, et on obtient un beau mélange, halluciné et hallucinant, drôle et gore à la fois.
Précisons tout de même que le côté amusant est souvent d'un goût douteux (mais c'est pour ça que c'est génial :) ), que le côté trash met vraiment le coeur au bord des lèvres, et que la combinaison des deux est servie de réflexions pas forcément anodines (attendez voir de vous trouver en présence des bonnes soeurs, vous m'en direz des nouvelles XD). Côté fantasy, pour ceux qui cherchent de l'Assassin royal et compagnie, passez votre chemin. Ici, pas vraiment de notion de méchant ou de gentil, pas de monstres supra-méga-mythologiques-des-modes-anciens, et un style d'écriture pas du tout conventionnel. Complètement indigne et jubilatoire de foutage de gueule, j'aime à qualifier ce livre de coup de pied au cul de la fantasy (c'est dit x) ). L'intrigue en elle-même s'articule au gré des points de vue de différents personnages, et outre le fait que l'ensemble est cohérent, elle présente elle-même son lots de loufequeries.
Pour conclure rapidement, mais ça je pense que vous l'aurez compris : dès que je peux, les deux tomes suivants prendront le chemin de ma pile à lire ; quant à l'auteur, je pense que je vais me pencher d'encore plus près sur ses écrits. Avis aux fans de petits bijoux méconnus et hors-normes, foncez, c'est un vrai bonheur (à ne pas mettre bien entendu dans les mains de votre petite cousine de dix ans :D). Sur ce, je me garderai bien d'en dire plus, et j'espère bien avoir mis l'eau à la bouche de quelques uns...
: excellent
: j'aime beaucoup
: sympa mais sans plus
: bof
: fortement déconseillé




