Gradisil - Adam Roberts

Publié le par Ryû

Gradisil

 

Adam Roberts

 

 

 

 

 

Gradisil

 

 

 

 

 

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Edition : Gallimard (Folio SF)

Date de Parution : avril 2010

Nombre de pages : 769

 

 

 

 

Résumé : Klara et son père, Miklós Gyeroffy, font partie des rares chanceux capables de se placer sur orbite par leurs propres moyens. Là-haut, un nouvel espace de liberté s'offre à eux, un vaste territoire vierge de toute règle : les Hautes-Landes. Mais, outre les riches excentriques, cette nouvelle frontière attire aussi de dangereux criminels, bienheureux de pouvoir échapper aux poursuites des autorités terriennes. C'est, sur trois générations, l'histoire de cette nation naissante qui nous est contée, une histoire inextricablement liée à celle de la famille Gyeroffy.

 

 

Avis : Alors, que dire de Gradisil ? J'avoue que l'ouvrage est tellement dense, complexe et atypique qu'organiser ses idées là-dessus n'est guère chose facile. Pour résumer vite fait et très grossièrement, Adam Roberts a décidé ici de narrer ni plus ni moins que la naissance d'une nation, orchestrée par les membres de la famille Gyeroffy. Le récit s'étale donc sur plusieurs générations, et prend la forme de mémoires, presque de récit historique.

 

Gradisil s'échelonne en trois partie. La première expose la narration du début des Hautes-Landes par Klara Gyeroffy en personne, celle par qui tout à commencé. Le lecteur y découvre ce que sont les Hautes-Landes : une poignée de boîtes de conserves aménagées dans l'espace, patiemment assemblées par des gens suffisamment riches pour le faire. Ces personnes méprisent les fusées, et pour se rendre là haut, elles achètent de vieux avions à réactions qu'elles bricolent pour aller dans l'espace, en se servant des champs magnétiques qui émanent des pôles – ces champs magnétiques sont appelés l'Yggdrasil, l'Arbre du Monde. La particularité des Hautes-Landes demeure dans le fait qu'elles n'abritent donc que des riches, ou des criminels, puisque là-bas, nul impôt ou taxe, nulle loi. Et c'est donc lorsque le père de Klara décide, en toute ignorance, de louer sa maison à une criminelle, que tout commence.

 

Une deuxième partie, la plus importante, concerne l'unification des Hautes-Landes, le rassemblement de ses habitants en tant que Nation, qui souhaite obtenir son indépendance et contrer les Etats-Unis qui espèrent mettre la main dessus (établir des impôts sur des gens riches représente un certain attrait). Ce récit est celui de Paul de Caunes, le mari de Gradisil Gyeroffy, fille de Klara. Enfin, la troisième partie relate le dernier acte de la mise en place des Hautes-Landes, où le lecteur suit Hope et Sol, les fils de Gradisil.

 

Comme dit plus haut, le récit est relativement dense, et surtout, il s'étale sur un certain laps de temps. LA science-fiction se résume surtout au peuplement de l'orbite de la Terre. Au début, quelques explications techniques sur le vol dans l'espace – qui, j'avoue, me sont un peu passées au-dessus de la tête - , mais pas vraiment de Terre futuriste avec des avancées bouleversantes sur le plan scientifique. J'en arrive au premier bon point de l'ouvrage : les voyages dans l'espace, les vaisseaux et tout le tralala spatial n'ont jamais vraiment été mon trip, en science-fiction. Et pourtant, Adam Roberts a réussi le pari de m'accrocher. Plus que l'aspect « spatial », c'est surtout le fait d'assister à la naissance et au développement d'une communauté imaginaire, et surtout basée sur un concept que j'ai trouvé original, qui m'a vraiment séduite.

 

Et Avouons-le. Tenter le récit de l'édification d'une nation n'est sans doute pas chose facile. Malgré certains passages un poil longuets pour le lecteur impatient, Adam Roberts mène sa barque de main de maître. Malgré les quelques éléments techniques évoqués plus haut, jamais il ne noie le lecteur dans des termes scientifiques barbants. Malgré le peu d'action – mais il y en a - , l'attention du lecteur est irrémédiablement avec ses protagonistes. Et que ce soit Paul, Gradisil ou leurs fils, tous acquièrent une réelle épaisseur et un réel attrait. Ajoutons à cela le fait que l'auteur est apparemment professeur de littérature, et l'on obtient de vraiment belles pages, écrites dans une syntaxe et une langues vraiment très appréciables, et ce malgré la traduction. Le moment le plus marqué, par ces sentiments contradictoires qu'il a éveillés en moi, reste le passage de la descente de Slader dans l'espace – je n'en dit pas plus, je ne voudrais pas gâcher au éventuels lecteurs le plaisir d'en découvrir le contexte. Ces quelques pages m'ont d'abord paru rébarbatives, mais au fil des pages, je me suis vraiment laissée immerger. Et c'est à travers ces lignes précisément que l'auteur montre son talent.

 

Pour en revenir aux Hautes-Landes, entre guerres et planifications politiques, tout est au rendez-vous. Comme dit plus haut, plus qu'un roman - même si Gradisil en reste un - c'est presque d'un ouvrage historique dont il s'agit. Gradisil nécessite avant tout un bon niveau de lecture, et surtout un lectorat qui ne cherche pas à lire un thriller ou tout autre ouvrage du genre. En bref, un récit riche, consistant et magistralement bien développé... et c'est finalement avec un pincement au coeur et des étoiles dans les yeux que j'ai tourné la dernière page.

 

 

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Publié dans Science-Fiction

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GiZeus 15/09/2010 10:23



Un candidat de plus dans ma déjà fournie P.L.A (Pile de Livres à Acheter). Oui, j'ai déjà une PAL bien fournie, alors faut bien limiter les priorités :P


En tous cas le sujet m'intéresse. L'élaboration d'une nation, ça doit être un sujet fascinant, surtout s'il est aussi bien traité que tu le dis.



Ryû 17/09/2010 11:21



Et que tu n'as pas peur des ouvrages qui se savourent à petit feu (parce que pour celui-ci, je sais que beaucoup lui ont reproché des longueurs. Pour moi, ça a
plutôt été un facteur positif). Et je pense que c'est un miracle dans le sens où, à la base, ce n'est pas du tout le genre de SF vers lequel je me serais dirigée de prime abord (suite à un
traumatisme après lecture d'un ouvrage de Peter F. Hamilton. Je pense que si tu lis du space op', tu dois connaître ^-^).


Brefle, bonne découverte, en espérant qu'il te plaira autant ^-^



Miss Spooky 07/08/2010 10:17



J'avoue, il ne me fait pas très envie, même avec ton éloge je sens que ce n'est pas vraiment un livre pour moi. A défaut de le lire, j'aimerais bien me mettre en orbite moi aussi... ça ferait de
chouettes vacances !! ^^



Ryû 07/08/2010 14:31



Le concept de ces maisons bordéliques en orbite est justement ce qui m'a séduite ^-^ Comme je l'ai évoqué, c'est vraiment atypique comme bouquin, et comme je le
disais à Snow, qui l'a aussi lu en partenariat, je crois que c'est un peu le genre de bouquin qu'on qualifie de "love or hate"...



El Jc 07/08/2010 01:30



Voici un avis qui tranche singulièrement avec pas mal d'autre lu au sujet de cette oeuvre. Un vis propre à me donner envie de m'y plonger. Merci beaucoup !



Ryû 07/08/2010 14:29



Je pense que ce qui coince pas mal, c'est l'aspect très consistant de l'oeuvre, dans le sens où, si l'on n'accepte pas de lire un livre où il faut vraiment prendre
son temps et accepter de lire des pages... "lourdes" (ce terme est trop péjoratif pour ce que je veux dire, mais je n'arrive pas à exprimer ce que je veux). Il n'y a rien de moins omniprésent
dans Gradisil que l'action. Mai comme je l'ai dit, c'est cet aspect développé de nation qui m'a embarquée. En tout cas, à lire quand on a de la patience. Pour être honnête, j'ai eu
quelques moments de passage à vide, où je trouvais le temps long... mais rétrospectivement, ce sont loin d'être de mauvais souvenir. Fin bref, en tout cas c'est très particulier comme expérience
^-^ Si tu le lis j'espère que tu apprécieras (mais dans tous les cas je serais ravie de voir ce qu'en pense mon "mentor" en SF ;p).



arutha 06/08/2010 20:42



Bien. Tu viens de faire un candidat à la lecture. Tu peux pas relire des Idhun ? Histoire de laisser souffler ma PAL.



Ryû 06/08/2010 21:22



J'ai encore un Lackey en stock ;p


C'est marrant, toi qui aimes les trucs denses et bien montés, je pensais justement à t'en parler, Arutha (et je suis d'autant plus impatiente de voir ce que tu en
auras pensé ^-^ ).