L'Abomination de Dunwich, Howard P. Lovecraft

Publié le par Ryû

L'Abomination de Dunwich

Howard P. Lovecraft




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Editeur : J'ai Lu
Collection : Fantastique
Date de parution : août 2003
Nombre de pages : 252
ISBN : 2290336564 

 
Résumé : Parce qu'un de leurs ancêtres s'est approprié un secret que les humains ne doivent pas connaître, ou parce qu'il a mis un jour un passage vers un ailleurs indicible, certaines familles subissent le joug d'une malédiction, de génération en génération, il en est ainsi à Dunwich, petit village isolé du Massachusetts, de la famille Whateley, dont le dernier-né, Wilbur, grandit si vite qu'il paraît adulte à dix ans. Car le mystère sur sa terrible naissance reste entier... Mais, parfois, ce sont des lieux que possède une horreur ancestrale, tels l'atroce cité sans nom ou encore le prieuré d'Exham, hanté par d'effroyables rats...


Avis : Troisième recueil de nouvelles de Lovecraft qu'il m'a été donné de lire. Si j'apprécie toujours cette atmosphère particulière, je dois cependant dire que j'ai quelque peu été déçue.

Commençons par le moins « agréable », j'ai été quelque peu embêtée sur plusieurs points. Tout d'abord, les schémas un peu répétitifs des nouvelles. Souvent la même progression, par ailleurs plutôt agréable à lire, et le style de conclusion propres aux nouvelles fantastiques, soit brutal, soit subtil au point que l'on se demande un peu où l'on est en tournant la page vers la nouvelle suivante. Bon, la structure des nouvelles n'est pas le point qui m'a le plus dérangé. Non, c'est surtout le vocabulaire et la rédaction. Est-ce dû à la traduction ? Toujours est-il que je considère – à tort ou à raison je n'en sais rien – Lovecraft un peu comme le Poe américain. Qui plus est, il me semble que Lovecraft appréciait ce dernier. Bref, toujours est-il que dans ce genre de nouvelles, je m'attends à un vocabulaire « soutenu », ou du moins varié. Ici, et ce n'est pas la première fois que je me fais la réflexion, le vocabulaire de la terreur et du morbide tourne en rond. On retrouve très souvent les mêmes termes, et même si les nouvelles restent originales pour la plupart, on se retrouve avec des impressions de déjà vu. Les nouvelles fantastiques auxquelles je suis habituées sont celles de Maupassant, donc une belle langue, et celle de Poe, qui a, tout de même, été traduit par Baudelaire
himself. Peut-être une nouvelle traduction de Lovecraft serait-elle la bienvenue ?

Nonobstant, et même si j'ai parfois anticipé la fin de certaines nouvelles, je dois dire que c'est avec grand plaisir que je me plonge dans cet univers suintant et déroutant. De toute façon, plus que le dénouement, toute la mise en scène qu'il y a autour fait le charme des nouvelles de Lovecraft. Toujours les mêmes thèmes récurrents, à savoir, ou des monstres, des entités maléfiques qui remontent à des temps très anciens et/ou viennent d'un plan que l'esprit humain ne saurait concevoir – d'ailleurs l'auteur lui-même il me semble vivait reclus dans la crainte d'une menace extérieure, oui, les auteurs de fantastiques sont tous plus ou moins névrosés ;p – ou la dépravation de l'être humain. C'est sans doute cela qui fait l' « horreur » de ces nouvelles, voir nos semblables, des gens de notre espèces, où l'auteur fait ressortir tout l'aspect animal, bestial, dangereux, violent. Les protagonistes dans ce cas ont d'ailleurs très souvent des caractéristiques simiesques. Le tout flottant dans une espèce d'atmosphère sombre, inquiétante, où l'on sent flotter alentours quelque chose de pas très net.

Mes nouvelles préférées resteront dans les autres recueil je pense, notamment
La Peur qui rôde et La Couleur tombée du ciel, ou encore Celui qui chuchotait dans les ténèbres. En parlant de ça, je me rends compte que certaines m'ont fait penser à certaines nouvelles de Poe. La dernière citée ci-dessus m'a beaucoup rappelé La Maison Usher, tout comme Je suis d'ailleurs m'a plongée quasiment dans le même état d'esprit que Le Puits et le Pendule. Pas sans plaisir, d'ailleurs.

Pour conclure donc, pas un des meilleurs recueils de cet auteur, ou en tout cas pas celui qu'il faut pour le découvrir, mais un recueil agréable néanmoins...

Publié dans Fantastique

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Solveig 12/03/2010 09:25


Han Lovecraft ! J'ai beaucoup aimé les deux recueils La Peur qui rôde et Celui qui chuchotait dans les ténèbres. mais là je ne sais pas si je vais en lire d'autres, pourtant le style me plait
beaucoup ( bon certes un peu répétitif parfois, mais des histoires assez originales dans l'ensemble ) Je verrai bien si des recueils de Lovecraft me tentent la prochaine fois que j'irai dévaliser
la librairie =) 


Ryû 14/03/2010 20:49


Je crois que les recueils sont titrés autrement dans des éditions différentes. Les deux titres de tes recueils, je les ai lus dans le recueil Le Mythe de Cthulhu chez J'ai Lu (et je les avais adorées). Fin bref, si tu en prends des neufs, fais attention, tu risques à mon avis
d'avoir des nouvelles en double...


Brunissende 16/02/2010 11:00


Ah j'ai d'excellents souvenirs de Lovecraft :). Cthulhu entre autres. Je ne me souviens pas avoir lu l'Abomination, mais cela fait si longtemps, je ne sais plus !.


pom' 10/02/2010 17:05


j'ai lu ces nouvelles, ce qui me dérange, c'est que les montres ont souvent une peau foncée, cela m'a géné.


Ryû 11/02/2010 23:20


Cet aspect ne m'a pas particulièrement marquée (en fait je n'y ai pas vraiment fait attention, je lis surtout l'histoire pour l'histoire), mais de toute façon,
Lovecraft était raciste (à replacer, en plus, dans un contexte historique assez radical...).


Serafina 06/02/2010 19:35



Ah c'est étrange, dabYo a eu la meme impression que toi au niveau du vacabulaire, alors que cela ne m'a jamais géné. Je ne pense pas que cela vienne de la traduction. Lovecraft est une
institution, et généralement, ce ne sont pas des traducteurs "de merde" qui s'y collent. De plus, toutes les nouvelles ne sont pas traduites par les memes, donc, on peut exit cette hypothese. Je
pense que en effet, Lovecraft ne se renouvelle qu'assez peu, ses structures sont tres souvent similaires, son vocabulaire aussi. Il faut dire qu'il a écrit pas mal.


Apres, je concois que cela puisse déranger ou gener. Cependant, ce n'est pas mon cas, et j'adore ce style. Le fait qu'il se érepete" eh bien, dans mon cas c'est un peu un plus. Je veux dire,
quand je lis un lovecraft, je reprend mes marques tout de suite !



Ryû 09/02/2010 09:59


Peut-être est-ce dû au fait que tu sois plus "immergée" dans cet univers. Je ne lis pour ma part ces nouvelles que de temps à autre, comme une pose entre deux trucs
lourds... Maiiiis les redondances ne gênent pas non plus de manière à gâcher l'histoire, c'est le principal :)

Merci pour les infos sur la trad ^-^ 


arutha 06/02/2010 09:38


J'ai acheté récemment tous les Lovecraft que j'ai pu trouver. Histoire d'être (un peu) moins bête. J'avoue que ce que je sais de l'homme me rebute tellement que j'ai toujours eu du mal à me décider
à aborder son oeuvre. Eh bien, jusqu'à présent, après plusieurs tentatives, il m'a été impossible de rentrer dans aucun de ces livres. Je trouve son style d'un poussiéreux. Et illisible.
Effectivement, je préfère, mais largement, un Edgard Poe. Bien sûr, ce dernier a été traduit par Baudelaire. Ca aide.


Ryû 09/02/2010 09:51


Bien que je préfère moi aussi Poe, je trouve qu'il y a quand même un certain plaisir à s'immerger dans l'atmosphère de Lovecraft. Si le fameux mythe de Cthulhu m'a
plutôt laissée perplexe dans le sens où je n'ai pas trouvé de quoi faire autant d'esbroufe qu'il en a fait, les nouvelles telles que La Peur qui
rôde, La Couleur tombée du ciel ou encore Celui qui murmurait dans les ténèbres valent, à mes yeux, le détour...