La Guerre des Mages, tome 1 : Le Griffon Noir, Mercedes Lackey

Publié le par Ryû

La Guerre des Mages, tome 1

Le Griffon Noir

 

Mercedes Lackey

 

 

 

 

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Editeur : Milady
Collection : Poche
Date de parution : février 2009
Nombre de pages : 448


Résumé : Un camp militaire, proche des lignes ennemies, aux premiers jours d'une guerre qui s'annonce épique... Magiciens, Empathes et Guérisseurs sont tous réunis sous les ordres d'Urtho, le Mage du Silence. Tous combattent désespérément pour protéger le pays de Tantara de Ma'ar, un sorcier maléfique. Le plus admirable d'entre eux est sans conteste Skandranon, un magnifique guerrier ailé. Tous voient en lui l'espoir incarné. Car il est le Griffon Noir. Cette histoire se déroule mille cinq cents ans avant les aventures contées par Mercedes Lackey dans sa série Les Hérauts de Valdemar, en des temps où la magie était d'une puissance inégalée, en des temps où les griffons régnaient en maîtres.


Avis : Et un petit compte-rendu de ma deuxième lecture d'un ouvrage de la série sur Valdemar. J'ai eu un peu de mal à me lancer, quelques a priori persistant de ma précédente lecture de La Proie de la Magie. Je me suis malgré tout lancée, bon gré mal gré...

Le début s'est, il faut le dire, beaucoup mieux présenté que pour Le Dernier Héraut-Mage. Une écriture plus fluide, et une narration beaucoup moins centrée sur les héros... enfin, tout est relatif hein... On reste un peu paumé : dès les premières lignes, le lecteur se retrouve avec quelques mots inventés sur les bras, dont il ne sait pas vraiment quoi faire, faute d'explications. Et pourtant, on y a droit, aux explications. Si les mots « barbares » ne sont pas explicités, l'auteure poursuit comme pour les autres ouvrages – et comme bon nombre d'Américains je trouve – sur des paragraphes et des paragraphes d'explications. Un gros pâté, là comme si le lecteur était un peu attardé (du détail et de la justification, à tout va). Il aurait été nettement plus intelligent de distiller toutes les « intrigues » et « subtilités » politiques (non, les guillemets ne sont pas là pour faire joli. Comme je l'ai dit plus haut, tout est relatif  ;p) au gré de l'avancement du récit.

Les héros. Bon, cette fois, ce sont des animaux. Non ! Pardon, j'oubliais, il faut considérer les griffons comme des personnes. Sauf que des fois c'est à la limite du cul-cul. Certaines expressions sont d'ailleurs parfois bien trop humanisées et viennent se heurter dans l'imagination du lecteur. Et on continue les invraisemblances, quand on a un griffon qui mord dans un quartier de viande « à belles dents ». Qu'est-ce qu'un ricane hein ?

Au niveau de la trame par contre, c'est du grand n'importe quoi. Le titre de la série : La Guerre des Mages. La quatrième de couverture laisse d'ailleurs présager qu'on va avoir de la bataille. Enfin, une guerre quoi. En fait de guerre, je vous préviens d'emblée, c'est plus le suivi d'un centre de beauté dans un camp militaire. Du moins est-ce l'impression que j'ai eue tout du long. Quant à la perception de la guerre, bonjour la naïveté : la guerre, c'est la Mâââl, ça blesse des gens et ça fait des ravages, et c'est pas bien du tout. Le gros de l'histoire se passe en fait sous la houlette d'Ambredragon (oui, on s'appelle aussi Bichehivernale et Dagueargentée, dans le coin... Mais attention, « Lis », c'est incongru !), un kestra'chern, sorte de guérisseur « de l'esprit ». En gros, le lecteur passe son temps au milieu des huiles de massage et de psychologie de cuisine. On est censé être en pleine guerre, mais ça bavarde et ça boit du thé, le tout agrémenté d'une ou deux petites scènes dramatiques (il ne faut surtout pas oublier que c'est la guerre...), et de quelques morts (la guerre, c'est triste !), et d'un peu de sang (mais ne vous en faites pas, les héros, ce sont de vrais héros, qui ne meurent pas). Le héros griffon passe les trois quarts du bouquins au camp de soin, et Ambredragon passe la moitié du temps à jouer les entremetteurs pour griffons (ah oui, j'oubliais, y a aussi de l'amûr).

Les méchants quant à eux, ou ils sont méchants mais c'est pas de leur faute, c'est à l'insu de leur plein gré qu'ils le sont, en fait ils sont purs et ont une âme de gentil et ils s'en rendent compte rapidement. Ou alors ce sont de vrais gros gros méchants, qui sont obligatoirement des traîtres. La juste mesure, connaît pas, les personnages n'ont aucune réelle profondeur psychologique. Tout est trop édulcoré, classé, épinglé, on a plutôt l'impression de lire des potins de cours d'école qu'un récit avec une intrigue fouillée. D'autant que certaines phrases sont parfois tellement mal fagotées que le lecteur se paume lorsqu'il s'agit de savoir de qui on parle. Et alors la bestiole est classée « littérature » pour adulte, mais à certains moments, j'ai vraiment eu l'impression que l'auteur s'adressait à des mômes de cinq ans.

Les événements s'enchaînent sans vraiment de but précis. D'un coup, on passe de cette pseudo-guerre à la noix à – devinez quoi – la nouvelle rebellzitude des griffons. D'un coup comme ça, sans motivation, qu'est-ce qu'il fait notre Skandranon ? Il décide de piquer la formule de reproduction de sa race (ça fait hyper crédible en plus n'est-ce pas ?). Dans l'histoire, on ne voit pas vraiment le rapport avec le reste, ça se contente d'arriver comme un cheveu sur la soupe. Tout ça pour nous dire qu'Urtho (le mage qui a créé les griffons), avait fait ça par bonté d'âme : il ne veut pas que ses griffons soient de mauvais parents, et surtout, il veut qu'ils soient heureux. Je vous laisse réfléchir aux implications de cette (excellente raison selon Skandranon) pseudo-raison, en plus de la trouver bidon, je la trouve choquante.

Bref, la fin se contente d'être un peu plus dynamique, on se tourne plus vers la situation de guerre (inutile de vous parler de la puérilité des « stratégies » et de la résolution des problèmes, je pense que vous vous en doutez déjà avec ce que j'ai dit plus haut), et l'histoire devient un chouïa plus prenante, faute d'amélioration réelle. On rajoute un p'tit peu démotion pour finir tout bien, et puis pof tient, après que les héros se sont miraculeusement sortis d'une situation drââmatique, on finit sur l'ouverture du bouquin suivant.

Au final, les héros n'ont aucun charisme, et l'histoire se contente de bêtises superficielles. Tout du long, l'auteur nous balance des drames cul-cul où tout n'est que prétexte à mettre en avant la grandeur d'âme de ses héros, et puis d'un coup, il semblerait que madame Lackey se souvienne enfin qu'il serait bien que le récit ait un aboutissement. Dans l'ensemble, en regard du Dernier Héraut-Mage, j'ai trouvé ça moins pire, mais ça reste quand même vraiment mauvais

Publié dans Fantasy

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Commenter cet article

pom' 24/04/2010 08:34



je dois découvrir cet auteur depuis des lunes mais j'ai encore jamais pris le temps de le faire



Ryû 27/04/2010 19:15



Ah ben je guette un avis alors ^-^



heclea 18/04/2010 19:58



Personnellement j'ai bien aimé, comme quoi tous les goûts sont dans la nature ;)



Ryû 18/04/2010 20:41



Tu n'es pas la seule, une "amie de forum" a elle aussi adoré. Et puis bon, je ne suis pas tendre non plus, mais comme je le lui disais à l'instant, il est dommage
que les histoires soient un peu trop noeud-noeud à mon goût, parce qu'un peu plus fouillé, je pense que j'aurais bien aimé l'univers de Valdemar, avec son petit côté "féérie".