Le Comte de Monte-Cristo, tome 1 - Alexandre Dumas

Publié le par Ryû

Le Comte de Monte-Cristo

tome 1


Alexandre Dumas

 

 

 

 

monte cristo

 

 

 

 

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Editeur : Gallimard

Collection : Folio

Date de parution : décembre 1998

Nombre de pages : 703

 

 

 

Résumé : Au début du règne de Louis XVIII, Edmond Dantès, marin, second du navire Le Pharaon est accusé à tort de bonapartisme et enfermé dans une geôle du château d'If, sur l’île du même nom, au large de Marseille. Après quatorze années, il réussit à s’échapper et s’empare du trésor de l’île de Monte-Cristo, dont l’emplacement lui a été révélé par un compagnon de captivité, l’abbé Faria. Devenu riche et puissant, il entreprend, sous le nom de « comte de Monte-Cristo », de se venger de ceux qui l’ont accusé ou ont bénéficié directement de son incarcération pour s’élever dans la société.

 

 

 

Avis : C'est dans le cadre de ma toute première lecture commune organisée sur Livraddict par Anneso que je me suis plongée dans Le Comte de Monte-Cristo. Depuis Les Trois mousquetaires, que j'ai lu il y a bien une dizaine d'année, je n'ai depuis pas lu un seul récit de Dumas. C'est également il y a longtemps que j'ai pu visionner l'adaptation du Comte de Monte-Cristoavec Gérard De pardieu, qui m'avait fait une forte impression, et depuis, l'envie m'a longtemps tenue de le lire, sans pour autant que je prenne le temps de le faire. De ce côté-là, je pense que je peux remercier Anneso, qui m'a un peu poussée, en faisant la « prospection » de cette lecture commune, à me plonger dans cet ouvrage.

 

Pour tout dire, c'est avec le même émerveillement qui m'a tenue, quelques années auparavant, que j'ai renoué avec la plume du grand Dumas. D'entrée de jeu, le lecteur assiste à l'entrée au port d'un bâtiment nommé Le Pharaon. Dans un style lent mais éminemment majestueux, l'action se déroule avec une clarté et une netteté incroyables. Oui, quelques lignes à peine et je suis partie sans plus me poser de question. La prose de Dumas, c'est une prose comme j'aime, et comme je me prends à regretter de ne plus retrouver aujourd'hui dans les auteurs d'aujourd'hui (à moins que je ne me tourne pas vers les bons livres...). Cette prose, c'est une foultitude de détails et de descriptions qui enrichissent l'histoire sans l'alourdir ; ce sont des ellipses discrètes qui aujourd'hui paraîtraient pour des pirouettes faciles de la part d'auteurs dans l'impasse ; c'est également toute une époque qui est dépeinte avec poésie.

 

Les personnages qui tiendront rôle dans ce récit apparaissent lentement. Les uns attachants, les autres exécrables, chacun cependant haut en couleur ; dans sa gentillesse ou dans sa fourberie. Dantès, le personnage central, acquiert très vite la sympathie du lecteur, en jeune homme doux, naïf et innocent, et surtout victime de la justice d'un homme dont l'ambition dépasse les principes et les idéaux de l'institution. Je me suis également beaucoup attachée aux Morrel, que le lecteur rencontre en pointillé tout le long de l'ouvrage, ainsi qu'à l'abbé Faria, « mentor » de Dantès, véritable mine de savoir, et surtout je pense, perçu par le lecteur de la même manière que Dantès, c'est-à-dire comme une lumière dans les ténèbres de sa captivité au fameux château d'If.

 

Quant à l'histoire en elle-même, elle est à l'image du style imposant du maître : elle avance, coule lentement, suis son cour tranquillement, mais inexorablement. Le doux et naïf Edmond Dantès devient le très connu comte de Monte-Cristo, et évolue en homme cynique et misanthrope ayant perdu toute foi en l'espèce humaine et en la justice, et pourtant également homme d'un charisme et d'une prestance certains, presque diaboliquement intelligent dans ses manipulations, et surtout, personnage éminemment sympathique dans l'idée qu'il possède une personnalité presque... paternaliste et protectrice. La trame se suit avec une certaine fascination ; le lecteur pourra parfois être déstabilisé quant aux changements de point de vue, lorsque Dumas décide de quitter un personnage pour un autre, et par les multiples mises en abîme des récits divers, mais pour ma part, je n'en ai pas moins conservé une passion certaine pour cette histoire.

 

Tout aussi lent soit le récit, c'est avec d'autant plus d'efficacité que la plume de Dumas faut mouche. L'évasion de Dantès constitue un passage qui m'a énormément marqué. De même, plus d'une fois ai-je failli pleuré, tout autant que m'ont été arrachés quelques sourires de connivence avec le comte lorsqu'un bref éclair de compréhension illumine le lecteur quant à l'évolution des événements.

 

En plus de proposer un tel récit, Le Comte de Monte-Cristo demeure également une mine en ce qui concerne son aspect historique. De nombreux détails de l'époque sont utilisés par l'écrivain pour étayer son récit, détails d'histoire également fort pertinemment complétés par les notes qui parsèment l'édition de chez Folio classique. Bref, Dumas, c'est une plume ciselée et une langue superbe, c'est également des récits qui sont réputés être des pavés, mais avec lesquels on prend néanmoins un plaisir certain. Le Comte de Monte-Cristo illustre sans doute fort bien l'adage « la vengeance est un plat qui se mange froid ».

 

Pour ma part, c'est avec la joie de n'en être qu'à la moitié de cet oeuvre que j'embraye sur le second tome. En attendant, j'exhorte avec ferveur les potentiels lecteurs attirés par cet ouvrage à le lire. C'est incontestablement un classique à avoir lu, et une superbe expérience à vivre.

Publié dans Classiques

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Céline 30/09/2010 15:51



J'adore les pavés !!!



Céline 29/09/2010 22:33



J'ai envie de le lire depuis longtemps, mais je sens que ton billet va me faire sauter le pas !



Ryû 30/09/2010 15:45



Si tu n'as pas peur des pavés et des ouvrages qui avancent lentement, je te le recommandes fortement ;)



pom' 28/09/2010 17:29



vu mais jamais lu



El Jc 19/09/2010 11:22



Une excellente oeuvre du grand maître de la littérature populaire (au bon sens du terme). Je suis vraiemnt ravi qu'il t'es plu. Soit heureuse il te reste une foultitude de ses grands romans à
découvrir, tous aussi bon les uns que les autres ;o)



Ryû 30/09/2010 15:44



La suite des Trois mousquetaires devrait être la prochaine oeuvre du maître. Ou Le Collier de la reine, à voir ^-^



GiZeus 12/09/2010 20:44



Moi j'avais au contraire été déçu, surtout que je venais de lire les Trois Mousquetaires.


V'là mon commentaire, pas aussi détaillé que le tien :
http://www.lisezmoiaussi.com/fiches/livre.php?id=67



Ryû 17/09/2010 11:15



Voui, je l'ai lu. Je dois dire que la langue, des dialogues ou de la narration, tout affectée soit-elle, m'a beaucoup plu. J'aime à lire un "beau" français, que l'on
n'écrit ni ne parle plus aujourd'hui, quand à côté j'entends dit gros mots par phrase dans la bouche des gens, et de l'autre, lis des textes traduits avec les pieds. 


Bref, la langue de Dumas me plaît énormément. Il y a longtemps que j'ai lu les Trois Mousquetaires, aussi mon souvenir n'en est-il plus très frais. Mais
j'avais adoré. Dans l'immédiat, le tome 2 est tout aussi lent. Les choses se mettent en place, et c'est avec le même plaisir que je suis le Comte. Certaines "coïncidences" sont énormes, mais ça
n'empêche pas. J'aime :)