Le Comte de Monte-Cristo, tome 2 - Alexandre Dumas

Publié le par Ryû

Le Comte de Monte-Cristo

tome 2

 

Alexandre Dumas

 

 

 

 

monte cristo 2

 

 

 

 

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Editeur : Gallimard

Collection : Folio

Date de parution : décembre 1998

Nombre de pages : 751

 

 

 

 


Résumé : Au début du règne de Louis XVIII, Edmond Dantès, marin, second du navire Le Pharaon est accusé à tort de bonapartisme et enfermé dans une geôle du château d'If, sur l’île du même nom, au large de Marseille. Après quatorze années, il réussit à s’échapper et s’empare du trésor de l’île de Monte-Cristo, dont l’emplacement lui a été révélé par un compagnon de captivité, l’abbé Faria. Devenu riche et puissant, il entreprend, sous le nom de « comte de Monte-Cristo », de se venger de ceux qui l’ont accusé ou ont bénéficié directement de son incarcération pour s’élever dans la société.

 

 

 

Avis : Achevée – enfin – la deuxième partie du Comte de Monte Cristo. J'aurai mis le temps, mais c'est avec la même exaltation que j'ai, lentement, suivi les avancées des projets du comte narrées par la plume majestueuse d'Alexandre Dumas.

 

A la lumière de la lecture de ce second tome, les éléments se mettent en place, la vengeance de Dantès s'accomplit, ces éléments sont connus de pratiquement tout le monde. Pourtant, plus que la trame, c'est la façon dont elle est mise en scène qui est remarquable. L'histoire est contée avec minutie et patience... et pourtant Dumas n'a pas tout détaillé. Reste que les lignes principales du roman, malgré un petit défaut, sont conduites avec brio.

 

En premier lieu, ce sont sans doute les personnages qui représentent à mes yeux une grande partie de la réussite de cette histoire. Qu'ils soient catalogués « méchants » ou « gentils » par Dantès, Dumas réussit à nous les rendre tous humains, et à nous les faire apprécier, pour une partie d'entre eux, du moins. Plus d'une fois l'on est amené à souhaiter la clémence de la part de l'ancien captif du château d'If, à ce moment, même les plus « affreux » gagnent la compassion du spectateur. Entre la famille Morrel, composée de Julie, Emmanuel, son mari, et Maximilen, son frère, dont l'amour que leur porte Monte-Cristo fait naître une même tendresse chez le lecteur, ou les Villefort, surtout Valentine, la fille du procureur du roi, et le grand-père Noirtier, paralytique, chacun acquiert une consistance et une présence certaines dans le coeur du lecteur.

 

Dans un certain sens, le côté impitoyable du comte de Monte Cristo, son détachement par rapport aux sentiments, sa foi perdue en la justice... son côté presque inhumain, font éprouver de la pitié pour les personnes sur lesquelles s'accomplit sa vengeance, vengeance qui, après avoir patiemment étendu ses tentacules, resserre lentement sa prise jusqu'à étranglement de ses proies. Mais au lieu d'être l'impitoyable monstre qu'il pourrait paraître aux yeux du lecteur, Dantès, à l'image de la vision qu'en ont les autres protagonistes, gagne un statut pratiquement divin, et c'est les larmes aux yeux que l'on assiste peu à peu à la mise à jour de son secret.

 

Venons-en maintenant au défaut que j'ai évoqué plus haut. Un défaut qui n'a certes en rien altéré le plaisir que j'ai eu à lire l'ouvrage, mais qui plus d'une fois m'a fait tiquer : il s'agit des multiples invraisemblances qui parsèment le récit. Entre les éléments inexpliqués et les coïncidences tout simplement trop heureuses pour en être, on a parfois l'impression que Dumas a malencontreusement emmêlé la volumineuse pelote d'intrigues qu'il a patiemment filée.

 

Enfin, ce n'est pas chose bien grave. La prose du maître est savoureuse, et le récit possède une telle présence que ces maladresses en deviennent peu importantes, d'autant plus facilement pardonnées que le récit a à la base une densité assez incroyable, sans compter le fait que des morceaux entiers du manuscrit initial n'ont jamais été retrouvés, voire publiés, pour certains (et c'est en cela que je trouve l'édition de poche chez Folio classique d'excellente qualité au vu des nombreux éléments qu'elle met en lumière, que ce soit au niveau des notes de bas de page ou des explications complémentaires apportées dans les annexes).

 

Pour le reste, certains passages très bien mis en scène restent particulièrement rémanents. Plusieurs m'ont fait sourire – les scènes cocasses et saillies sarcastiques, de la part de Dumas en tant que narrateur ou des protagonistes, ne manquent pas – d'autres émue, notamment à la fin, que j'attendais plus évasive dans le sens où Dumas la laisserait plus ouverte qu'elle ne l'est. Mais dans un sens, il ne fait pas de mal de lire de temps en temps des ouvrages qui finissent bien.

 

De manière globale, il me semble que Le Comte de Monte-Cristofait partie des oeuvres incontournables de Dumas. Certes, ce n'est pas le plus court, mais tout comme Les Trois mousquetaires, je pense qu'il devrait rester parmi les ouvrages dont le souvenir est impérissable, ces ouvrages qu'on a mis du temps à lire, mais dont tourner la dernière page provoque un pincement au coeur et procure un sentiment d'allégresse lorsque l'on jette un oeil derrière soi et que l'on constate cette lecture dans son ensemble et avec recul. Il me tarde quant à moi de regarder à nouveau le film, et probablement également d'aller fouiller parmi les nombreux livres que je n'ai pas encore lus et qui dorment sur mes étagères, histoire de voir s'il ne me reste pas un ou deux Dumas qui traînent...

Publié dans Classiques

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GiZeus 01/10/2010 15:01



Oui j'avais beaucoup aimé les Trois Mousquetaires. Tu pourras trouver ma critique réédité par là :


http://foudre-olympienne.over-blog.com/article-les-trois-mousquetaires-57896721.html


 


Et j'avais aussi remarqué que tu aimais les mangas, en lisant ta critique sur Gunnm. Je pense pouvoir t'en faire découvrir un ou deux sympathiques. Il se trouvent dans la rubrique historique, et
possèdent en outre la particularité d'être des one-shots :


http://foudre-olympienne.over-blog.com/categorie-11601968.html



GiZeus 01/10/2010 11:54



Ce n'est toujours pas ton avis qui me fera retenter le Comte..., mais tu m'a tout de même donné envie de me replonger dans Dumas. Je crois que la suite des Trois Mousquetaires se verra bientôt
amenée par carosse sur une de mes étagères.



Ryû 01/10/2010 14:47



C'est dommage parce que j'ai trouvé la deuxième partie un peu plus pêchue (mais on reste dans le cadre de lenteur de Dumas quand même :p), dans le sens où, là où le
premier tome s'attache à la mise en place de la vengeance, le second dénoue toutes les embrouilles précédentes. 


Sinon les Trois Mousquetaires, tu avais aimé ?





Après de mon côté, j'aime les trucs lents et qui prennent leur temps, et proposent un truc très fouillé (après si l'ouvrage correspond à ces exigences, je pardonne
facilement quelques incohérences, là où un auteur se sera différencié des facilités que l'on rencontre chez d'autre pour proposer quelque chose de fourni). En même temps je crois qu'après
Gradisil, j'ai acquis une méga-endurance. Je pourrais presque réessayer Simmons, tiens XD