Le Dernier Héraut-Mage tome 1 : La Proie de la Magie, Mercedes Lackey

Publié le par Ryû

Le Dernier Héraut-Mage, tome 1
La Proie de la Magie

Mercedes Lackey




proie magie




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Editeur : Milady
Collection : Poche
Date de parution : janvier 2010
Nombre de pages : 505


Résumé : Le jeune Vanyel est l'Héritier du Domaine de son père. A ce titre, on attend de lui qu'il se comporte comme les guerriers de sa famille. Mais le jeune homme, beau et fragile, n'aspire qu'à la musique dans laquelle il se réfugie. Méprisé par son père et ses frères, il est envoyé auprès de sa tante Savil, Héraut-Mage chargée de reprendre en main son éducation. Mais ce sont des leçons bien différentes qu'il y recevra: là-bas, Vanyel va plonger dans les intrigues de cour, et rencontrer l'amour. Un amour profond et absolu, qui lui fera découvrir ses propres Dons magiques... impossibles à contrôler, même par Savil. Or, tant que Vanyel n'aura pas appris à les maîtriser, ils menaceront non seulement sa vie, mais aussi tout Valdemar.


Avis : La première chose qui me vient à l'esprit pour entamer cette critique se résumerait à : « tout ça pour ça ?! ». J'ai passé les trois quarts du récit à me dire que j'allais finir par abandonner. Jusqu'à présent, il n'y avait que deux bouquins, en littérature de l'imaginaire, pour lesquels j'aie dû me faire violence pour continuer. Deus Irae, de Roger Zelazny et Philip K. Dick. Mais pour lui, la lecture a finalement valu le coup. Le Chevalier Mage, de Gene Wolfe, bizarre au point que même aujourd'hui je ne suis pas totalement sûre d'avoir pigé l'ensemble de l'histoire. Et La Proie de la Magie est finalement le troisième. Avec des sentiments très mitigés à l'arrivée.

Dans l'ensemble, j'ai passé la moitié du temps à m'énerver sur la narration, tout simplement insupportable. Vanyel, le personnage principal, est d'emblée présenté comme le pauvre Caliméro d'une famille dont le père veut le voir se comporter « comme un homme », au point de le laisser sans broncher se faire battre par son maître d'armes. Bon, ça peut arriver, mais le crédible de la situation est totalement gâché par le fait que Vanyel est présenté comme le pauvre vilain petit canard. A Forst Reach, tout le monde il est vilain, à Haven, tout le monde il est gentil. Mouais.

Deuxième point insupportable, que j'ai souvent repéré chez Milady : des coquilles. Enfin, là ça va, comparé au déluge de fautes que j'ai pu avoir dans
Légende, de Gemmell. Non, là, c'est pire, c'est au niveau du français qu'il y a des problèmes. J'ai notamment relevé une phrase, parmi d'autres : « Il ignorait encore quand le guérisseur lui retira ses attèles ». Ouais, parce que les attèles elles sont toujours là, et en même temps plus là. Logique non ? XD Sans rire, tout au long du récit, j'ai régulièrement rencontré des constructions du genre « L'auberge que Vanyel allait », ou alors des concordances des temps pour le moins bancales. Ça, quand le récit passe mal, en général ça contribue à m'énerver davantage.

Mais revenons à notre Vanyel et au reste de l'histoire. Tout du long, même si ça se calme, mais parfois jusqu'à trois fois par pages, le lecteur a droit à des « Dieux, oh ! Dieux ! » absolument insupportables. Ne parlons pas non plus des lieux communs, des dialogues qui frisent le ridicule (sans vouloir être méchante, j'ai plus d'une fois pensé à
Twilight...), et alors, tout aussi horripilant : ce besoin apparemment indispensable de l'auteure de tout expliquer. Et ça se fait par la transcription des pensées de notre petit Vanyel. A cela, comptons également une bonne overdose de majuscules. Certains passages sont absolument ridicules, autant que le serait une phrase du style « Il essuya ses Pieds sur le Tapis ». Vous voyez ce que je veux dire ?

Quant à Vanyel, le personnage est lui aussi insupportable et est sans doute l'élément qui m'a fait plus d'une fois penser à refermer le livre. Il devient un pauvre garçon blessé, sombre, renfermé qui a peur des autres. Bon, avec ce qui lui arrive, cela pourrait être compréhensible. Seulement je ne peux m'empêcher de penser à une remarque de mon collègue du Cercle, Arutha, avait faite sur un autre ouvrage concernant la série de Valdemar. Et Vanyel ne semble pas échapper à la règle : tout tourne autour de lui. On pourrait penser aux autres personnages, mais nan, malgré le fait que sa tante, Savil, dise ne pas vouloir être entravée dans son travail par sa présence, tous les autres protagonistes pensent et agissent en fonction de lui. Vanyel, Vanyel, toujours Vanyel. Et le pire reste qu'à certains passages, le jeune homme est totalement absent, mais on bouffe du Vanyel quand même, via les autres personnages. L'histoire est en plus racontée – à mes yeux – de façon très maladroite, trop explicative, artificielle. Dans un film, on aurait dit que les acteurs surjouent, c'est le cas ici. Sans compter que l'écriture de Mercedes Lackey n'a, à aucun moment, réussi à évoquer chez moi des images
précises. Pas vraiment de descriptions – sauf de Vanyel bien sûr, et les scènes censées être drôles ou touchantes m'ont fait éprouver autant de sentiments que si je m'étais trouvée en face d'une godasse.

Voilà à quoi ce sont résumées mes pensées durant neuf dixièmes de l'histoire. C'est précis, mais c'est normal : le récit m'a semblé prendre un peu plus d'épaisseur... à la page 450 ! Mais revenons d'abord sur quelques points quand même pas si nazes que ça. Déjà, pour la première fois de tout ce que j'ai pu lire en fantasy, la gent homosexuelle est représentée. Bon, avec deux défauts : la relation entre Vanyel et son copain est décrite avec un certain effacement. Et deuxième chose, il semble que du coup, l'homosexualité se répande très vite dans l'ouvrage. Ouais, même le méchant il est homosexuel XD Enfin, je me moque, mais ce point est quand même une concession que je dois faire à l'ouvrage.

J'ai en plus eu la bonne idée de mettre un peu de musique au milieu de ma lecture, en général, cela m'aide à créer une ambiance et à me plonger dans un ouvrage. Bon, après, je ne sais pas si l'idée était très judicieuse d'y associer
Le Sacre du Printemps ;p M'enfin du coup, certains passages ont porté, notamment le passage où Vanyel rencontre Yfandes, son Compagnon. Les choses se sont pendant un temps, à la moitié de l'ouvrage, améliorées, mais j'ai trouvé qu'il y avait toujours quelque chose pour venir le gâcher.

Le Prix de la Magie
n'a finalement vraiment suscité mon intérêt, comme je l'ai dit tout à l'heure, que vers la page 450. Vanyel commence à aller mieux et, ô joie ! , le récit est un peu moins centré autour de sa petite personne. Cela n'empêche cependant en rien à de gros clichés fantasy de venir obscurcir le paysage : le jeune homme possède tous les dons, défonce un dragon des glaces (le plus fort, la reine-dragon, en plus ! ), reste dans un village pendant que ses copains les Frères du Faucon (NdT : elfes :/) vont foutre la pâté au vilain sauf qu'au final pas de bol, le vilain, c'est Vanyel qu'il veut et c'est Vanyel qu'il va voir...

Bref, arrêtons-là les frais. Maso que je suis, je suis bien rentrée dans le lard de ce bouquin... mais vu que la fin prend une pente un peu plus engageante, je suis en train de me tâter voir si le second tome ne serait pas un peu mieux... Enfin, dans tous les cas, s'il y a des amateurs de trucs noeuds-noeuds, de drâââmes et de gamins qui acquièrent un super pouvoir, allez-y. Pour les lecteurs qui veulent un truc un peu consistant, passez votre chemin... 

Publié dans Fantasy

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Synafae 04/06/2011 00:15



Si y'a un bouquin que je n'ai vraiment pas aimé, mais alors pas du tout, c'est bien celui-là !


C'est mou, c'est sirupeux et dégoulinant de bons sentiments ! Et surtout, ca donne envie d'se tirer du plomb dans la cervelle ! Pour pousser un dépréssif a bout y'a pas mieux.


Seul point positif, c'est le fait que son personnage principal soit gay. C'est le seul point qu'on ne peut pas enlever à l'auteur. Bien qu'elle soit passée à un fil de le perdre en faisant mourir
Tylendel, le seul personnage qui avait un tant soit peu de crédibilité à mes yeux.


Bref, grosse décéption pour moi, contrairement à ma soeur qui a adoré et m'a poussé à le lire.


Pour être honnête, j'ai même poussé la torture à me forcer à lire le tome 2, mais ca n'a fait que me conforter dans ma première impression.



Nadège 24/03/2010 08:27


J'ai vu ce livre à la Fnac la semaine dernière et il ne m'a pas donné envie de par son résumé.
Le héros beau et fragile, bof (^_^)


Lord Orkan Von Deck 20/03/2010 15:00


Je te trouve bien généreuse dans ta notation,  après le calvaire que tu as vécu en lisant ce navet.

Tu as bon coeur ! 


Ryû 21/03/2010 18:32


Bah, c'est juste que ce n'est pas le pire que j'aie lu. Et puis j'ai sans doute été plus cool sur la fin, vu que ça s'arrange un peu, avec ce que j'ai lu, finir sur
une note positive (enfin, moins pire que le début) a sans doute joué...


Brunissende 16/03/2010 10:19



Chez Milady il faudrait en effet qu'ils fassent un sérieux effort, ils doivent certainement se passer de correcteurs pour que ce soit aussi lamentable... c'est un problème récurrent chez eux.
Sinon j'ai cru comprendre que tu n'avais pas aimé le bouquin :D, au vu de ta critique, je te comprends. Ce genre de fantasy ne me correspond pas. J'ai des goûts assez éclectiques et beaucoup de
choses passent mais là je pense que je serais excédée. Le romantisme oui, un peu de truc fleur bleue oui ça ne me dérange pas mais la mièvrerie non. J'ai survécu de justesse au 1er tome de
Twilight, maintenant je me méfie ;).



Ryû 19/03/2010 19:39


Et encore, je me demande si Twilight n'est pas mieux (sur l'échelle du bas de gamme, je veux dire ) dans le sens où l'histoire se suit beaucoup plus aisément que dans le bouquin ici présenté...


Tigger Lilly 15/03/2010 13:09


Haha, j'adore ta critique :p Je vois le genre de  bouquin, c'est pas pour moi. Si je le lis un jour, ce sera sans doute pour le plaisir de le descendre (bah oui quoi, parfois ça fait du bien
:p)


Ryû 15/03/2010 16:51



Je crois qu'on est tous un peu pareils ^-^ M'enfin, mes souffre-douleur préférés restent Twilight
et Eragon ^-^