Le Félin, chevalier agent secret : Péril au monastère - Arthur Ténor

Publié le par Ryû

Le Félin, chevalier agent secret

Péril au monastère

 

Arthur Ténor

 

 

 

 

le félin

 

 

 

 

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Edition : Eveil et découvertes

Date de parution : avril 2010

Nombre de pages : 185

 

 

Résumé : Quel étrange monastère ! Obligés de s'y réfugier par une terrible nuit d'orage, le Félin et ses compagnons de voyage doivent résoudre une énigme, dont dépend peut-être leur survie en ces lieux : qui sont ces moines qui parlent un latin fantaisiste, sont tous estropiés et semblent n'avoir qu'une préoccupation, réduire leurs hôtes indésirables au silence éternel ? La réponse pourrait bien réserver une surprise de taille...

 

 

Avis : Premier tome relatant les exploits du chevalier surnommé le Félin, Péril au monastère m'a, à l'instar des Vampires du Brionnais, été proposé par les éditions Eveil et découvertes. Envoi fort à propos du fait que je souhaitais découvrir Arthur Ténor. Si j'ai pu apprécier le récit, quelques cafouillages ont néanmoins nuancé mon appréciation.


D'emblée, on retrouve les ingrédients d'un ouvrage historique pour la jeunesse, et ceux d'un récit d'espionnage. Oui, notre héros est un chevalier et un agent secret. Combinaison qui n'était pas pour me déplaire. Dès le départ, le lecteur à droit à de l'action et des gadgets, fabriqués par un « Q » du Moyen Age. Enfin, des gadgets d'époque : une arbalète-lance grappin, des toupies piégées et compagnie. Très vite, on fait la connaissance d'une palette de personnages principaux : Yvain de Bréa, dit le Félin, son écuyer, Gilles, le seigneur de ces deux derniers, Hugues de Montbrisac, sa fille Isabeau. La cruchotterie (pardon, mais c'est le cas typique de personnage féminin de haute noblesse que je ne supporte pas) de cette dernière contraint le Félin, dont elle est amoureuse, à l'accompagner dans une équipée qui finira par les amener, une nuit d'orage, à trouver refuge dans un monastère... peu catholique, sans mauvais jeu de mot.


La narration est fluide et plaisante, et l'auteur ne se prive pas du plaisir de quelques facéties. De courtes joutes verbales entre Gilles et son maître m'ont arraché quelques sourires. Reste que les personnages, tout aussi sympathiques qu'ils puissent paraître, m'ont parfois laissé une impression d'inachevé, de... convenance, de manque d'originalité. Le chevalier de Bréa est un homme amical mais fermé, au coeur secret, qui ne répond pas aux avances d'Isabeau, et Gilles le genre de plaisantin à qui il arrive souvent de se retrouver dans des situations cocasses. Isabeau se comporte en jeune femme que rien n'effraie, qui sait manier l'épée, et compte bien ne pas s'en laisser compter (sauf quand elle se met à hurler parce qu'un serpent la surprend pendant son bain... hum). Quant à la servante, Francine, elle se révèle être somme toute une jeune femme timide et sensible. Bref, sans que cela ne soit désagréable pour le récit, la sensation de déjà vu et le manque de caractère des personnages m'ont un peu déçue.


Le fond de l'histoire en lui-même, est plutôt bien trouvé, mais souffre lui aussi de quelques défauts. Une action qui se passe parfois un peu vite. J'ai notamment trouvé la dernière bataille contre les « vrais » vilains un peu mollassonne. Certes, nous sommes dans un ouvrage jeunesse, alors je ne vais pas râler après des tripes et du sang (même si je n'en suis pas fan non plus) mais il n'empêche que. L'auteur nous parle de combats qui font des morts. Seulement, le lecteur a un peu l'impression de voir le combat se passer... comme ça. Gilles se balade en tuant quelques mécréants, le Félin s'en tire comme un chef, on ne sait pas trop où est passée Francine dans l'histoire, et Isabeau nous joue le coup de la guerrière. Un peu plus de pêche et de développement auraient sans doute été nécessaires.


Malgré ces quelques points, encore une fois, l'histoire reste gentillette et agréable à lire. J'ai particulièrement aimé les personnages des chevaliers estropiés. Juste un dernier point qui m'a fait râler. Oui, c'est mon cheval de bataille. Mais reste que si les livres font l'erreur, il est alors normal que les gens l'assimilent (surtout que la définition proposée est elle-même erronée). Non, un suzerain n'est pas le seigneur direct d'un vassal. C'est le seigneur du vassal de son vassal. En gros, il occupe la même place qu'un grand-père pour son petit-fils. Pour le cas d'un seigneur direct, on parle de seigneur tout court. Je sais je sais, je pinaille, et on ne va pas demander des détails historiques pointilleux à un ouvrage jeunesse. Sauf que je suis pour simplifier, moins pour donner des info erronées. Le Moyen-Age est une des périodes où les préjugés sont les plus coriaces, et j'entends bien leur mener la vie dure ;)


Pour en revenir à l'ouvrage, je pense qu'il sera parfait (je ne sais pas exactement à quelle tranche d'âge il est destiné à la base) pour des enfants de 8 – 10 ans, les plus grands risqueraient de le trouver un peu trop simple, même si encore une fois, il n'est pas question de médiocrité mais d'écriture qui manque de "pep".

Publié dans Récit historique

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Tortoise 14/06/2010 16:43



Ah, les "voyages extraordinaires" me paraissent assez alléchants, je vais rajouter ça à ma liste d'envies...



Arthur Ténor 14/06/2010 12:46



Bonjour, Très intéressant votre lien Larousse. Bon, je ne vais pas embrouiller mes chers lecteurs avec de tels détails. De toute façon, la réalité est toujours beaucoup plus compliquée que la
fiction, et c'est tant mieux ! A l'occasion, si vous voulez découvrir un ex. de ma littérature plus " adulte ", essayez " Les voyages extraordinaire " parus chez Plon Jeunesse. Bonne
continuation.


Arthur


P.S.  C'est vrai que vos chroniques sont bien rédigées et intéressantes...



Ryû 16/06/2010 17:50



Merci à vous pour votre conseil, je le note dans un coin (j'ai également vu que les couvertures sont très belles :) ). Et merci d'avoir pris la temps de vous intéresser à ce blog.


Bonne continuation à vous également, 


Ryuu



manille 13/06/2010 14:53



bonjour


toujours autant de plaisirs à lire tes chroniques



Ryû 14/06/2010 12:36



Coucou manille, merci pour ton compliment ^-^



Arthur Ténor 13/06/2010 09:54


Bonjour, pardonnez-moi de m'inviter sur votre site. Je suis très intrigué par votre remarque à propos de la définition que vous donnez de la suzeraineté. Sur quelles références historiques vous
basez-vous. De mon côté, j'ai beau chercher et fouiller, je ne trouve pas confirmation de cette hiérarchie féodale, telles que vous la définissez. De mon côté, j'ai comme définition (ce n'est qu'un
ex parmi d'autres) : "Le vassal est celui qui, ayant reçu du seigneur suzerain une propriété territoriale nommée bénéfice ou fief ainsi que sa protection, doit en contrepartie accomplir pour lui
certaines obligations (militaire, financière, judiciaire...)." Si vous êtes en mesure de me donner ces références, je modifierai aussitôt la définition du suzerain que je vais à nouveau indiquer
dans le prochain Félin. Effectivement, cette série s'adresse aux lecteurs plutôt jeunes ados (10 - 12 ans). D'où peut-être cette "simplicité" que vous soulignez. Peut-être aurez-vous l'occasion de
découvrir d'autres titres de la série (chez Lito il y a 9 titres encore en librairie) ou les prochains à sortir chez Eveil et Découverte. Merci en tout cas de votre chronique et à bientôt j'espère
(je serai toujours disponible pour répondre à vos questions, si vous le souhaitez). Arthur


Ryû 14/06/2010 12:26



Bonjour monsieur Ténor (au contraire, cela me fait très plaisir que l'auteur d'un livre que j'ai présenté vienne ici ^-^).


Alors, je dois vous avouer que suite à votre demande de référence, j'ai été bien en mal d'en trouver. Mon professeur d'histoire médiévale insistait souvent
lourdement sur cette définition du suzerain. Et après une recherche internet sur les sites d'histoire (Hérodote) ou même un ouvrage d'Olivier Guillot, il apparaît que le mot "suzerain" est
utilisé de manière simplifiée. Finalement j'ai réussi à trouver cette définition sur le site du Larousse, dont voici le lien :


http://www.larousse.fr/encyclopedie/nom-commun-nom/vassalité/100869


Cependant, à voir certaines références en matière d'histoire simplifier ainsi, je me demande par la même occasion si je ne me suis pas focalisée sur un détail du
fait de l'insistance de mon professeur (et du coup je me sens un peu nunuche ^-^).


Merci à vous également pour la précision de l'âge auquel est destiné le Félin. Je
ne savais pas trop où le situer. Peut-être l'ai-je effectivement trop lu avec des yeux plus "vieux" (un deuxième livre de cette série a déjà rejoint ma pile de livres pour une deuxième expérience
;) ).



Tortoise 11/06/2010 16:52



Oui, tu as tout à fait raison, c'est un peu une histoire de génération. Faut dire aussi que ma cousine m'avait offert un abonnement Ecole des Loisirs: tous les mois pendant un an je recevais mon
bouquin, alors forcément, je suis devenue très attachée à cette édition ^^


Claude Ponti, je ne l'ai découvert qu'à mon boulot, et l'autre ne me dit rien, par contre... (cela dit c'est possible que je connaisse sans me souvenir du nom)



Ryû 14/06/2010 11:59



Christian Grenier, c'est pour les "plus vieux". Mais si tu ne connais pas, je peux te conseiller L'Ordinatueur
(avec un personnage récurrent assez sympa), et Virus L.I.V.3 ou la mort des livres, sorte de remake jeunesse de Fahrenheit 451 :)