Le Portrait de Dorian Gray

Publié le par Ryû

Le Portrait de Dorian Gray

Oscar Wilde




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ISBN : 2253002887



Résumé Dorian Gray a bien de la chance ! Il est jeune, il est riche, il est intelligent, il appartient à la meilleure société londonienne de son temps, et surtout il est beau : d'une beauté unique, angélique, sublime, fascinante, d'une beauté qui exerce des ravages sur tous ceux qui l'approchent, hommes ou femmes. Normalement, cette extraordinaire capacité physique de séduction devrait s'affaiblir avec l'âge. C'est-à-dire, avec l'apparition des rides, avec la calvitie, les rhumatismes, l'écroulement des traits, l'empâtement du menton, etc. Mais ces désagréments vont être épargnés à Dorian grâce au portrait qu'a fait de lui un ami peintre. En effet, le tableau possède l'étrange vertu de prendre à sa charge le vieillissement de son modèle. Par cette fable qui évolue vers les affres du cauchemar, Oscar Wilde, esprit brillantissime et auteur scandaleux de l'époque victorienne, nous assène un pronostic inquiétant : à savoir que chacun de nous, sous l'effet de ce qu'il est, finira par prendre la tête qu'il mérite...


Avis : Tout simplement grandiose. De toute manière, J'apprécie Oscar Wilde depuis mes dix ans, lorsque j'ai lu Le Fantôme des Canterville (à lire, lui aussi). Depuis le temps que je ne me suis pas plongée dans ce que l'on qualifie aujourd'hui de « classique », quel plaisir de retrouver ce style et cette plume d'antan que l'on ne retrouve plus aujourd'hui. Plume qui d'ailleurs fait tout de suite rentrer son lecteur dans une époque et une atmosphère particulières.

Les débats sur l'âme humaine, l'art, la beauté, sont au départ plutôt déroutants, du moins pour qui n'y est plus habitué. Mais la lecture devient très vite un plaisir. Surtout, le calme instauré tout de suite par la prose de Wilde laisse tout de suite présager, tout aussi sereines et enchanteresses que soient les descriptions, que quelque chose attend, que quelque chose est prêt à tout faire basculer. Un impression extraordinaire de calme avant la tempête.

Le personnage de Lord Henry est tout à fait fascinant. Cynique et doué d'une vision bien particulière de ce qu'est la vie, de ce qu'est la beauté, de ce qu'est un homme bon. Le personnage de Basil est ma fois peu présent mais plutôt attendrissant. Et celui de Dorian Gray, quelle plaisir de suivre sa lente métamorphose. Lord Henry, bien que différent, m'a un peu rappelé le Valmont de Choderlos de Laclos. Cette façon d'empoisonner les gens, même si l'état d'esprit n'est pas le même.

Lord Henry dont j'apprécie le dialogue – même si les idées sont réfutables - , Lord Henry doué d'un sens du raisonnement acéré, sûr de lui, acteur indirect de la déchéance de Dorian Gray. En fait, l'ouvrage tout entier est cynique. Ce pauvre Dorian qui, au départ, voit l'influence d'une personne sur une autre comme la perte de sa liberté de penser, au final, on n'a même plus l'impression qu'il parle lui-même. Du moins au début. Quand les choses commencent à tourner, on sent également une part de lui devenir cynique et désabusé.

Et tout au long, on tourne autour de la beauté. Une belle personne est-elle vide de réflexion ? Et inversement ? Un homme beau est-il bon ? La beauté fait-elle la vertu ? Quelle ironie que de voir Lord Henry affirmer Dorian incapable de tuer. Et, derrière, ce terrible portrait. C'est, par la même occasion, l'effondrement des théories fumeuses d'Henry.

Mais le meilleur dans tout cela reste ce style tout à fait génial, comme on n'en trouve plus aujourd'hui. Le récit ne présente aucune scène d'horreur ou d'épouvante. Mais le lecteur ne manque pas, bien plus sûrement que dans un ouvrage plus explicite, de se crisper. Face à Dorian et à son évolution. Face à Lord Henry. Certains passages sont tout à fait suintants de crasse et dégoût, reflètent parfaitement le désespoir de l'âme humaine.

Quant à la chute – et quelle chute ! - elle arrive, brutale, violente, superbe.

Bref, une seule conclusion à faire : foncez le lire, si ce n'est déjà fait !




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Publié dans Fantastique

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Commenter cet article

GiZeus 02/12/2010 20:29



Je l'ai finalement acheté (pas depuis ta réponse, les libraires ne sont pas encore ouvertes la nuit pour les drogués de lecture :P ), et oui, il faudra bientôt que je m'y mette, pour la fin
d'année ou début de la prochaine. Je ferai passer Crime et Châtiment avant. Et peut-être aussi Guerre et Paix. Mais je le lirai, ça c'est certain !



Ryû 06/12/2010 15:51



Et t'as intérêt si tu veux pas que je vienne te le faire lire de force :P



GiZeus 20/11/2010 23:29



Un bon moment que je l'ai dans le collimateur celui-là. Tous les avis que je lis sont élogieux, et il me tarde de m'y initier. Il faudrait que j'arrive enfin à ne pas oublier de l'acheter :P



Ryû 02/12/2010 18:55



Surtout si tu aimes les belles plumes GiZeus, ce bouquin est un vrai bijoux ^-^



Anneso 28/01/2010 11:55


quel 2e ?


Ryû 29/01/2010 16:29


XD Aucun 2e, j'étais en train de répondre aux commentaires sur Kaeso le Prétorien, j'ai dû me mélanger les pinceaux...


Anneso 27/01/2010 20:33


je l'ai fini et j'ai moi aussi beaucoup aimé :)


Ryû 28/01/2010 11:24


Tu comptes lire le deuxième aussi ? 


flof13 20/01/2010 00:02


Un de mes livres préférés, par un de mes auteurs préférés. Oscar Wilde est un auteur trop méconnu, à mon goût... Contente de lire ta belle chronique, chez toi !


Ryû 21/01/2010 09:39


Merci :) 
Effectivement, Oscar Wilde, on n'en parle pas assez. Tout juste s'il est évoqué dans les cours d'anglais. Alors que, par exemple, Le Fantôme des
Canterville est excellent pour les mômes...