Predators - réalisé par Nimrod Antal

Publié le par Ryû


predators3

 

 

 

 

Réalisé par : Nimrod Antal

Avec : Adrien Brody, Alice Braga, Topher Grace...

Durée : 1h47

 

 

 

 

Oh oh. Je vais suffisamment peu au cinéma pour marquer la chose. Mes virées cinéphiles se limitent à une ou deux par an. C'est peu, donc j'essaie de ne pas aller voir trop de bêtises. Malgré tout, un film bien régressif, de temps en temps, ça fait du bien (ouh elle est belle, ma résolution de laisser de côté les productions américaines...). C'est donc dans une salle obscure où le public était essentiellement composé de lycéens-collégiens bouffeurs de pop-corn que je suis allée mater... Predators.

 

Bon, avouons-le tout de suite, les films de butor américains à la Alienand co, ma culture était à faire là-dessus, et Predatorss'y prêtait à merveille (et j'ai en prime gagné quelques ref à aller voir plus tard. Ouais, en bande-annonce, on avait un film sur des méchants piranhas revenus du fin fond des temps, vanté par le fait qu'il avait été réalisé par le type qui avait fait 300– je ricane – et un autre truc servi par les prestations de Bruce Willis, Scharzenegger et Stallone. Je ne continue pas plus loin, je voulais juste vous donner un aperçu global de la finesse de ce dans quoi je m'étais embarquée, je pense que vous voyez maintenant à peu près ;p).

 

Pour en venir au scénario, faisons simple : des types se réveillent en chute libre équipés d'un parachute et atterrissent dans une jungle bizarre. Et puis vient le moment où ils découvrent qu'il ne sont en fait que le gibier d'une créature qu'ils ne parviennent ni a voir ni à semer.

 

 

 

 

predator


Non, ça ne ressemble pas à grand chose. Mais dans l'histoire, y a une morale :

ne pas se fier aux apparences. Si, si, y en a même un qui est gentil le temps de trois plans...

 

 

 

Et ça s'arrête là. Disons-le d'emblée, le scénario, pas piqué des vers, se contente de reprendre un poncif de SF et n'est en réalité qu'un prétexte à mettre en scène une chasse à l'homme. Je ne vais pas dire que je ne m'en doutais pas, c'est un peu pour ça que j'y suis allée : simplement par envie de me faire un cinéma qui bouge. Alors bien sûr, vous vous en doutez, les clichés, les incohérences et la minceur du scénario sont à prendre en compte si vous souhaitez voir quelque chose de plus élaboré.

 

 

 

predators

Où l'on constate que les quotas américains sont parfaitement respectés...

 

 


Dans le lots des personnages, on a le héros mystérieux (dont on n'apprend le nom qu'à la fin, sauf qu'on se demande encore où est la part de « mystère » dans l'histoire, à part vouloir enquiquiner les gens qui lui demandent comment l'appeler), la caricature de la nana militaire, forte, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds mais possède quand même une once de compassion, un type colombien qui a manifestement des liens avec les réseaux de drogues, un type recherché par le FBI et condamné à mort, un yakuza, pétri d'honneur, qui au final ne sert qu'à prononcer deux phrases pseudo-profondes, à trouver un katana (allez savoir d'où il vient) et à crever avec honneur pour la bonne cause (à noter, son beau costume de flanelle grise, son péteux argenté et sa montre bling bling, tout sa impeccable même après un atterrissage mouvementé en pleine jungle), un noir militaire issu d'on ne sait où, un soldat Russe et un médecin - lui, je vous laisse cogiter sur ce qu'il fout là. Mais comme je l'ai dit, le scénario n'est pas spécialement ce qu'il y a de plus élaboré dans l'histoire...

 

En parlant du scénario, soulignons le fait que les protagonistes n'ont apparemment pas besoin de se reposer malgré le fait qu'ils soient traqués, et donc courent, se battent et se baladent un peu partout, qu'ils n'ont pas non plus besoin de manger (la recherche de nourriture sur une planète inconnue aurait pu être intéressante), ni de faire attention à leurs munitions. Le héros (joué par Adrien Brody, dont la prestation n'est pas trop mal, vu dans Le Pianiste, de Roman Polanski) balance juste un « comptez vos balles » pour la forme. Et le reste du film, ça canarde à tout va. On ajoute quelques trucs expliqués à la va-vite (ouh, quand ils cherchent à déterminer qui les a pris en chasse, coup de bol, la fille a déjà entendu la description d'un pas beau, quelque part sur Terre) et le scénario aussi subtil qu'une blague de Bigard – le scabreux bas de plafond en moins - qui nous laisse deviner les astuces deux kilomètres à l'avance (mais dans une histoire de traque, c'est bien, on a l'impression d'être intelligent :D). Ah oui, et puis un peu de comique, aussi. C'était fort, de réussir à caser une citation de Hemingway là-dedans x)

 

Bref, pour le reste, c'est surtout le jeu du chat et de la souris qui est sympa à suivre. Moins la débauche de tripaille qui revient un peu trop souvent. C'est pas spécialement dégueu, quelques bouts de bidoche inidentifiables, une ou deux giclées de sang vert qui ressemble méchamment à cette matière qui sert à faire des spaghetti-cotillons en espèce de pâte mousseuse pendant les fêtes, mais bon, là encore, je ne m'attendais pas à autre chose.

 

 

 

Predators-a-Predator-Hound


La seule faune de la planète predator... les chiens predators.

 


 

Alors, dans l'ensemble, que dire de positif à l'intention de ce film ? Le décors de la planète est plutôt pas mal (la jungle est chouette, et l'aperçu que l'on a, à un moment, du ciel vu de là-bas est plutôt réussi). L'idée de la traque, certes pas très originale, est plutôt bien servie par les scènes d'actions qui rendent l'histoire très immersive et des acteurs qui malgré la caricature de leur personnage, les rendent relativement attachants. Bref, comme je le disais au début, un bon film régressif. Ajoutons à son crédit la fin, qui laisse certes perplexe mais ne finit pas sur la note attendue par le spectateur. Et le fait que les réalisateurs nous aient épargné le genre de scène où la seule fille du groupe tombe dans les bras de l'un des types – non, on n'a pas de scène de baiser gnagnan, alors que ça aussi, je pensais que l'on n'y couperait pas.

 

Au final, pas grand chose de bien intelligent, mais quand même, ça fait du bien, de temps en temps – un peu comme on apprécie de ressortir un bon hack 'n slash du placard histoire de se défouler - et la réalisation n'est pas trop dégueu. A voir si vous avez du temps à perdre ; un nanar certes, mais qui globalement se laisse très bien regarder.


Publié dans Films

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

El Jc 25/07/2010 19:33



Je suis comme toi mes sorties cinoche se comptent désormais sur les doigts d'une demie main ;o) Comme tu le dis, ça va pas bien loin, mais c'est pas ce qu'on lui demande. Très bien pour passer un
bon moment et se vider la tête.